Avec LesZintrus, il nous semble faire un bond vingt-cinq
ans en arrière, à l’époque où les grands écrans fleurissaient de comédies fantastiques mettant en vedette des groupes d’enfants et de teenagers luttant contre une menace invisible aux yeux des
adultes.Gremlinsnous vient immédiatement à l’esprit, mais aussi ses imitations directes telles que les séries Critters,Trollet
Ghoulies(la scène d’un alien émergeant d’une cuvette de toilettes est d’ailleurs directement issue de Ghoulies
2). Un parfum « eighties » nimbe donc cette sympathique œuvrette, ce qui n’a évidemment rien pour déplaire. Tout commence
par un week-end banal que s’apprête à passer la famille Pearson dans une maison de location au milieu de la campagne américaine. Stuart, Nina, leurs enfants Tom, Bethany et Hannah, ainsi que
l’oncle Nate, son fils Jake, la grand-mère Rose et les jumeaux Art et Lee prennent ainsi possession des lieux, sans se douter du « drame » qui couve. Un soir de tempête, quatre mystérieux
objets atterrissent sur le toit. Ce sont des vaisseaux spatiaux transportant des extra-terrestres grands comme des Hobbits. Armés d’une technologie de pointe, ils préparent l’invasion de la
Terre…
Tout simple, le concept imaginé par le scénariste Mark Burton (Madagascar, Wallace et Gromit : le Mystère du Lapin-Garou)
permet de multiplier à loisir les situations loufoques, notamment grâce au système de contrôle d’esprit dont disposent les aliens, capable de télécommander les humains comme de simples
marionnettes. Dès lors, rien n’empêche de transformer le petit ami de Bethany en zombie niais ou la grand-mère Rose en redoutable combattante ninja ! Pour renforcer l’opposition
générationnelle propice à ce type de récit, seuls les cerveaux adultes peuvent être contrôlés, ce qui permet aux enfants d’en réchapper tout en élaborant d’habiles stratégies afin d’opposer une
résistance digne de ce nom aux envahisseurs. Pistolets de paint-ball, feux d’artifice, caméra montées sur une voiture radiocommandée, fusil à patates, tous les moyens sont bons…
Le quatuor d’outre espace demeure bien sûr l’attraction principale du film. Intégralement conçus en image de synthèse par l’équipe de Rythm & Hues (L'Incroyable Hulk, Le Monde Presque Perdu), le commandant Skip, l’ingénieur Sparks et les soldats
Lazer et Razor s’agitent nerveusement tout au long du métrage et compensent le réalisme approximatif de leurs textures (ils semblent directement issus d’un film d’animation) par leur forte
expressivité et leur intégration parfaite dans les prises de vues réelles. Les crises d’autorité du commandant, les problèmes de conscience de l’ingénieur et l’idylle des soldats (car l’un d’entre
eux est une femelle) pimentent quelque peu cette improbable invasion, jusqu’à un climax digne deGodzilla. Mais si le divertissement ne fait jamais défaut dans
Les Zintrus, le scénario aurait mérité un peu plus de cynisme et de noirceur. L’humour vitriolé d’un Joe Dante manque
cruellement à l’entreprise, et ce final regorgeant de bons sentiments, au cours duquel parents et enfants se réconcilient béatement autour d’une bonne partie de pêche, laisse franchement
perplexe.
Avis aux amateurs d'effets spéciaux
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Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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