(Aliens in the Attic)

de John Schultz (Etats-Unis)

avec Kevin Nealon, Robert Hoffman, Doris Roberts, Tim Meadows, Ashley Tisdale, Carter jenkins, Austin Butler, Ashley Boettcher

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Avec Les
Zintrus, il nous semble faire un bond vingt-cinq ans en arrière, à l’époque où les grands écrans fleurissaient de comédies fantastiques mettant en vedette des groupes d’enfants et de teenagers luttant contre une menace invisible aux yeux des adultes. Gremlins nous vient immédiatement à l’esprit, mais aussi ses imitations directes telles que les séries Critters, Troll et Ghoulies (la scène d’un alien émergeant d’une cuvette de toilettes est d’ailleurs directement issue de Ghoulies 2). Un parfum « eighties » nimbe donc cette sympathique œuvrette, ce qui n’a évidemment rien pour déplaire. Tout commence par un week-end banal que s’apprête à passer la famille Pearson dans une maison de location au milieu de la campagne américaine. Stuart, Nina, leurs enfants Tom, Bethany et Hannah, ainsi que l’oncle Nate, son fils Jake, la grand-mère Rose et les jumeaux Art et Lee prennent ainsi possession des lieux, sans se douter du « drame » qui couve. Un soir de tempête, quatre mystérieux objets atterrissent sur le toit. Ce sont des vaisseaux spatiaux transportant des extra-terrestres grands comme des Hobbits. Armés d’une technologie de pointe, ils préparent l’invasion de la Terre…

Tout simple, le concept imaginé par le scénariste Mark Burton (Madagascar, Wallace et Gromit : le Mystère du Lapin-Garou
) permet de multiplier à loisir les situations loufoques, notamment grâce au système de contrôle d’esprit dont disposent les aliens, capable de télécommander les humains comme de simples marionnettes. Dès lors, rien n’empêche de transformer le petit ami de Bethany en zombie niais ou la grand-mère Rose en redoutable combattante ninja ! Pour renforcer l’opposition générationnelle propice à ce type de récit, seuls les cerveaux adultes peuvent être contrôlés, ce qui permet aux enfants d’en réchapper tout en élaborant d’habiles stratégies afin d’opposer une résistance digne de ce nom aux envahisseurs. Pistolets de paint-ball, feux d’artifice, caméra montées sur une voiture radiocommandée, fusil à patates, tous les moyens sont bons…

Le quatuor d’outre espace demeure bien sûr l’attraction principale du film. Intégralement conçus en image de synthèse par l’équipe de Rythm & Hues (
L'Incroyable Hulk, Le Monde Presque Perdu), le commandant Skip, l’ingénieur Sparks et les soldats Lazer et Razor s’agitent nerveusement tout au long du métrage et compensent le réalisme approximatif de leurs textures (ils semblent directement issus d’un film d’animation) par leur forte expressivité et leur intégration parfaite dans les prises de vues réelles. Les crises d’autorité du commandant, les problèmes de conscience de l’ingénieur et l’idylle des soldats (car l’un d’entre eux est une femelle) pimentent quelque peu cette improbable invasion, jusqu’à un climax digne de Godzilla. Mais si le divertissement ne fait jamais défaut dans Les Zintrus, le scénario aurait mérité un peu plus de cynisme et de noirceur. L’humour vitriolé d’un Joe Dante manque cruellement à l’entreprise, et ce final regorgeant de bons sentiments, au cours duquel parents et enfants se réconcilient béatement autour d’une bonne partie de pêche, laisse franchement perplexe.

© Gilles Penso

Thema: Extra-Terrestres

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