Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 14:59

 

Scream-4.jpgde Wes Craven (Etats-Unis)

Avec Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Emma Roberts, Hayden Panettiere, Mary McDonnell, Rory Culkin

 

A partir du milieu des années 2000, Wes Craven a surtout fait parler de lui à travers les remakes qui furent consacrés à quelques-uns de ses films les plus célèbres : La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche, Freddy : les griffes de la nuit… Lorsque lui-même repassa derrière la caméra pour diriger My Soul to Take, il passa totalement inaperçu. L’équation était donc simple : pour s’attirer à nouveau les faveurs du public, Craven devait capitaliser sur l’un de ses succès précédents. D’où ce Scream 4 qui se veut à la fois séquelle tardive (douze ans après le médiocre Scream 3) et remake du premier Scream, puisque la quasi-intégralité des péripéties du « classique » original sont servilement reproduites.

 

Le prétexte scénaristique ? Les événements sanglants survenus en 1996 à Hillsboro ont inspiré une série de films d’horreurs baptisés « Stab », et le tueur est ici un nouveau cinéphile psychopathe qui décide d’imiter les exactions de celui du premier film. L’idée d’un « copycat » influencé par un tueur de fiction lui-même inspiré d’un assassin réel pousse le concept de mise en abîme assez loin. Ce qui nous donne droit à un prologue très drôle au cours duquel les films dans le film s’emboîtent les uns les autres, en un exercice auto-parodique assez vertigineux. Le problème est que dès que nous entrons de plain pied dans le « vrai » film, les protagonistes s’avèrent aussi stéréotypés et les situations aussi improbables que dans les « Stab » dont ils sont censés se moquer.

 

Car le défaut majeur du scénariste Kevin Williamson, notamment apparent dans The Faculty de Robert Rodriguez, est qu’il se complaît souvent dans sa cinéphile compulsive et son approche au second degré sans pour autant parvenir à éviter lui-même les clichés qu’il dénonce. Or citer des centaines de titres de films d’horreur et en démonter savamment tous les mécanismes n’excuse aucunement un scénario aussi peu innovant. Les péripéties de Scream 4 s’avèrent si prévisibles et les réactions des héros tellement grotesques qu’on se croirait presque dans un Scary Movie ! Et plus le film nous assène ses réflexions érudites sur les films d’horreur, plus le scénario nous afflige par sa paresse et son laxisme. D’autant que Wes Craven semble avoir perdu la main dans le domaine de la mise en scène de purs moments d’épouvante. Le savoir-faire de l’auteur des Griffes de la Nuit et de L’Emprise des Ténèbres brille ici par son absence.

 

Rien ne fait vraiment peur dans ce Scream 4, dont la médiocrité formelle se double d’un nombrilisme hallucinant (ici, la référence absolue en matière de slasher n’est plus Halloween mais Scream) et d’une condescendance agaçante vis-à-vis du cinéma de genre. Les nombreux conflits survenus pendant la confection du film (notamment le départ précipité de Kevin Williamson en cours de tournage) n’ont probablement pas joué en sa faveur. Mais on espérait tout de même autre chose que cet exercice pédant truffé de répliques référentielles complètement à côté de la plaque (la palme revient à cet improbable « Fuck Bruce Willis ! »). La révélation finale relance tardivement l’intérêt, mais hélas les ultimes rebondissements font à nouveau sombrer le métrage dans le Vaudeville poussif. Et dire que c’est le point de départ d’une nouvelle trilogie…

 

© Gilles Penso

Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Wes Craven - Communauté : Horrorkult.com
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Commentaires

Scream 4 est un pastiche du premier Scream, il signe ici un film B de sa propre oeuvre originale. La moquerie prend le dessus sur la peur. Un aspect que vous n'avez du prendre en compte pour votre visionnage.
Commentaire n°1 posté par P. le 20/04/2011 à 00h43
je ne suis pas du tout d'accord avec cette critique. PLus jeune, j'avais vu scream 1 que j'avais beaucoup apprécié même si c'était un peu trop sanguinolant à mon goût( ame sensible...) J'ai trouvé le 2 pas mal, et le 3 était un navet dont l'issue était beaucoup trop tirée par les cheveux.
Quand le 4 est sorti, je me suis dit "mon dieu la zone, il (Craven) remet ça après un dernier volé loupé".
Et puis je suis alleé au cinéma parce que mon petit frère voulait le voir.
Bilan, c'est toujours trop sanguinolant pour moi (ame sensible vieillissante), mais je trouve que l'histoire est beaucoup mieux ficelée, et qu'on y retrouve la pertinence du scream 1. Et puis il faut le dire, c'est bourré d'humour et d'auto dérision. Alors moi je dis chapeau bas Craven, le 4 a redoré le blason de scream 1 que les suivants avaient largement terni. Et par pitié, surtout pas de 5, ça gacherait tout!!!
Commentaire n°2 posté par julie le 16/06/2011 à 18h07

C'est ça qui est intéressant avec les commentaires : opposer des avis parfois contradictoires. L'humour et l'auto-dérision sont très présents dans ce 4ème épisode, c'est indéniable, mais on sent bien que Craven et Williamson n'y croient plus, et se servent de la comédie pour désamorcer une intrigue mille fois rebattue et dénuée de toute originalité.

Réponse de Gilles Penso le 11/07/2011 à 02h27
Scream 4 n'est pas une vraie suite, c'est ça qui est marrant. C'est un scream 1 version 2011. Il y a quand même un truc génial dans la salle de scream 4, c'est son public. Les anciens spectateurs nostalgiques de scream 1 qui ont viellit, et les ados d'aujourd'hui qui ont découvert scream au jeu des rediff tv. On peut effectivement envisager que scream 4 est une opération financière... bon, c'est le cas de pas mal de film, et ça n'en gâche pas pour autant la portée. Parce que scream n'est pas vraiment un film comme les autres dans son genre. L'humour c'est justement cette sorte d'autodérision bourrée de références cinématographiques. Et je pense que le 4 a réussi un beau pari: satisfaire la nostalgie des fans de la première heure, et la recherche des ados d'aujourd'hui. J'avais 14 ans quand le 1 est sorti, je ne l'ai donc jamais vu en salle, puisqu'il était interdit aux - de 16 ans. Mais quelle peur bleue en le découvrant en DVD! En 96, c'était quand même un truc énorme, et ça nous foutait les jetons. Et c'est là qu'on se rend compte de l'évolution. Le sang n'effraie plus les gamins de 2011, ça les fait rire. Et dans la salle, on se rend compte qu'on ne rit pas aux mêmes moments du film qu'eux. Interdit aux moins de 12 ans! Et pourtant, le sanglant va beaucoup plus loin que le 1, le côté intestion qui pendouillent, en 1996, je suis pas sure qu'on l'aurait supporté! est-ce que c'est dommage que les jeunes d'aujourd'hui soient devenus quasi insensibles à l'horreur et qu'ils en veuillent toujours plus? Sans doute, mais à ce titre le pari de Craven est réussi. C'est normal que l'effet de surprise ne soit plus là, on ne refera jamais Sream1. Mais le 4 s'applique à lui ressembler dans un style plus actuel, et surpasse largement le 3, voir même le 2
Commentaire n°3 posté par Julie le 11/07/2011 à 07h14

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