Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 09:22

Sucker-Punch.jpgde Zack Snyder (Etats-Unis)

Avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Oscar Isaac, Carla Gugino, Scott Glenn

 

 Zack Snyder n’a peur de rien, pas même de mettre sa carrière en danger via un projet échappant à toutes les normes établies à Hollywood.  L'Armée des Morts, 300 et  Watchmen étaient déjà des paris risqués, mais Sucker Punch les bat à plate couture dans ce domaine, tant le concept même s’avère casse-gueule. Au lieu de s’appuyer sur un film l’ayant précédé ou sur un roman graphique, Zack Snyder ne se repose ici que sur sa propre imagination et s’intéresse à une jeune fille internée de force dans un hôpital psychiatrique par un beau-père abusif.

 

L’intrigue se situe quelques décennies en arrière, à l’époque où le traitement des malades mentaux se soldait par des méthodes radicales telles que la lobotomie. Et c’est le sort qui attend inéluctablement notre triste protagoniste. Pour échapper à cette réalité atroce, elle s’évade dans un monde parallèle qui n’est que le reflet déformé de son environnement. L’hôpital se transforme alors en un établissement étrange à mi-chemin entre le club de danse et la maison close, les infirmiers se muent en proxénètes mafieux et la psychiatre en chef devient une mère maquerelle / professeur de danse. Dans cet univers onirique, la jeune fille se fait appeler Babydoll et prépare un plan d’évasion imparable. Là, un second niveau de réalité virtuelle vient s’imbriquer au premier et nous fait basculer dans le fantastique le plus débridé…

 

Si Sucker Punch s’avère difficile à résumer, c’est sans doute parce qu’il s’affranchit souvent du langage parlé au profit d’une grammaire purement cinématographique. La prodigieuse séquence d’ouverture en témoigne. Dénuée de dialogue, purement visuelle, elle nous ramène aux grandes heures d’un cinéma expressif qui savait faire parler les plans au lieu des acteurs, celui d’Alfred Hitchcock et d’Orson Welles. Mais Snyder brise volontairement cette cohérence narrative lorsque son héroïne danse pour détourner l’attention de ses oppresseurs. Là, Babydoll et ses compagnes d’infortune basculent dans d’autres mondes qui semblent empruntés à l’imaginaire d’un petit garçon des années 2000. La musique appuie l’effet anachronique, à travers des reprises de tubes des Beatles, d’Eurythmics, de Bryan Ferry, d’Iggy Pop ou de Queen.

 

Quant à l’imagerie sollicitée, elle puise tous azimuts dans le fantastique et la science-fiction les plus débridés : samouraïs colossaux, robot géant, zombies nazis, dragons cracheurs de feu, trolls enragés, armada d’androïdes s’animent ainsi sous nos yeux ébahis, au sein de titanesques séquences de bataille dont l’indéniable générosité est quelque peu gâchée par un traitement tout numérique et des chorégraphies excessives qui se réfèrent trop frontalement à l’univers des jeux vidéo. Là où Peter Jackson, avec  Lovely Bones, s’efforçait de visualiser le parcours onirique d’une adolescente des années 70, Snyder fait fi de toute logique en plaquant ses propres fantasmes ludico-guerriers dans le cerveau de Babydoll. Le résultat est parfaitement déstabilisant, mais aussi extrêmement touchant. Car derrière les créatures imaginaires se dissimulent des monstres humains qui détruisent peu à peu la vie, la virginité et les rêves d’une jeune fille dont la seule échappatoire demeure l’imagination…

 

© Gilles Penso

Thema:  Rêves, Zombies, Dragons, Robots

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Autres Mondes...
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Commentaires

Ah les hommes et leurs fantasmes !!!... Une femme (tres jeune), sexy (en uniforme d'ecoliere) et qui tient un gros flingue entre les mains ca fait bander.

Snyder (grand fan de porno) cache son erection derriere du numerique en-veux-tu-en-voila, des choregraphies tres moches et un resultat ultra previsible. Sans oublier une voix off qui essaie difficilement de justifier un propos, voir un message.

Et les ralentis !!! John Woo en avait fait un art, Matrix un spectacle et Snyder a tout gacher

La deception et le plus gros gachis de l'annee. Desole.
Commentaire n°1 posté par Airone le 02/04/2011 à 12h39

Tiens, quelque chose me fait dire que tu n'as pas aimé…

Réponse de Gilles Penso le 05/04/2011 à 00h28
Je trouve tres dommage que toi, grand fan de cinema, diffuse les 6 premieres minutes du film. D'un film. Sachant que c'est la seule chose potable et que ca ne sauvera pas le film...
Commentaire n°2 posté par Airone le 06/04/2011 à 23h12

Mais c'est justement parce que j'adore le cinéma que j'ai envie de partager cette scène d'intro faramineuse. Pour donner envie de voir la suite. Quant à déterminer si c'est la seule chose potable du film, tout est question de point de vue. Plus je repense au film, plus je le trouve intéressant, et plus ses incohérences me semblent… cohérentes. Les premières images, où la chambre de la jeune fille apparaît sur une scène de théâtre, en dit déjà long. Il y a très probablement un quatrième niveau de réalité imbriqué dans le scénario. Je crois bien que ce film, qui semble en aagacer plus d'un, sera bien vite réévalué et enfin estimé à sa juste valeur…

Réponse de Gilles Penso le 07/04/2011 à 02h09
Ok pour l'intro, mais pour le reste du film, comme tu dis, chacun son point de vue. Voir plus haut.
Commentaire n°3 posté par Airone le 07/04/2011 à 10h31
Ce film est le pire filme que j'ai jamais vue! musique naze, histoire absurde sans interet, dialogue stupide et niait,ce film est un melange de mauvais jeux video et de drame bidon. toute fois une chose vraiment comique: les ralentis.
le jour ou j'ai vue se film non seulement j'ai gache 4euro mais en plus j'ai perdu presque 2h de ma vie!
Commentaire n°4 posté par kyu le 12/04/2011 à 20h45

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