Dino-King-3D.jpg(Jumbagi : Hanbandoui Gongryong 3D / Speckles the Tarbosaurus)

De Sang Ho Han (Corée du Sud)

Avec les voix de Lee Hyung Suk, Goo Ia-Hyeong, Sin Yong-woo

 

Dans un esprit voisin de la série documentaire Sur la Terre des Dinosaures produite par la BBC et du film Dinosaures des studios Disney, la chaîne coréenne EBS initia en 2008 un documentaire en trois parties consacrée à la vie des grands sauriens de l’ère secondaire, Koreanosaurus. Face au succès considérable obtenu par ce triptyque auprès du public, un long-métrage fut mis en chantier dans l’espoir d’une distribution internationale. Ainsi naquit Dino King, qui raconte la vie périlleuse d’un jeune tarbosaurus dans la jungle du Crétacé, depuis sa naissance jusqu’à son passage à l’âge adulte.

 

Pour toucher les spectateurs les plus jeunes, auxquels le film est directement destiné, le héros reptilien nous raconte ses aventures par l’entremise d’une voix off délibérément anthropomorphe et s’acquitte de sa tache pédagogique en nous livrant régulièrement des informations sur les nombreuses espèces qu’il croise sur son chemin, leur mode de vie, leur alimentation, leur habitat, etc. Dino King (tel est le nom de notre protagoniste aux dents pointues) vit auprès de sa mère, de ses sœurs et de son frère et chasse en leur compagnie les grands herbivores qui paissent à leur portée. Mais tout n’est pas rose dans la nature, surtout celle du Crétacé. Le film ne nous épargne donc aucun coup dur ni aucune violence animale. Les crocs tranchent les gorges, le sang coule sur les flancs écailleux, et surtout les morts tragiques ponctuent les pérégrinations de Dino King.

 

Au sein d’une frénétique séquence de cavalcade, ce dernier perd ainsi toute sa famille, massacrée et précipitée du haut d’une falaise par un redoutable tyrannosaure borgne qui s’avère être le grand méchant du récit. Assez éprouvante, la séquence paie son tribut à Bambi et au Roi Lion, et provoque chez notre héros un traumatisme qu’il trimballera toute sa vie. Sans concession, le scénario réserve d’autres drames à son infortuné protagoniste carnivore, et le film se vit ainsi comme une espèce de douche écossaise, partagée entre la candeur un peu béate de sa narration à la première personne et la dureté des épreuves que réserve un monde antédiluvien décidément sans pitié. Techniquement, le film est une indéniable réussite. Supervisés par Youngho Je (Le Royaume Interdit), les effets visuels s’appuient sur les mêmes procédés que la série Sur la Terre des Dinosaures (qui se muera elle aussi en long-métrage), autrement dit la captation de décors aux quatre coins du monde, et l’intégration de dinosaures en images de synthèse.

 

Certes, certaines textures et quelques incrustations manquent un peu de réalisme et trahissent la nature numérique de cette faune hétéroclite, l’emploi d’arrière-plans naturels renforçant parfois ces défauts en pointant justement le décalage entre le factice et le réel. Mais le spectacle reste de haute tenue et les nombreux combats qui scandent le film s’avèrent franchement spectaculaires, tout comme le cataclysme qui frappe la forêt en cours de métrage. Exploité en 3D lors de sa sortie mondiale en DVD et en Blu-Ray, Dino King réussit donc sans heurt le pari de l’équilibrage habile entre le didactisme quasi-documentaire et l’aventure fantastique familiale.


© Gilles Penso
Thema: Dinosaures

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