Hunger-Games.jpgde Gary Ross (USA)

Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Lenny Kravitz, Stanley Tucci

 

pub

 

Malgré son origine littéraire, en l’occurrence la trilogie « Hunger Games » écrite par Suzanne Collins et publiée avec un grand succès à partir de 2008, le troisième long-métrage de Gary Ross se démarque à grand-peine d’un riche passif filmique au sujet voisin. Il est en effet difficile d’apprécier Hunger Games sans penser tour à tour à Punishment Park, Rollerball, Le Prix du Danger, Les Traqués de l’An 2000 ou Battle Royale, pour n’en citer qu’une poignée.

 

Mais si les films de Peter Watkins, Norman Jewison, Yves Boisset, Brian Trenchard-Smith et Kinji Fukasaku partagent de nombreuses thématiques, ils possèdent chacun leur propre personnalité et véhiculent les idées radicales de cinéastes au caractère bien trempé. On ne peut pas vraiment en dire autant de Hunger Games, malgré tout le bien qu’on pense du réalisateur de Pleasantville. L’idée initiale, celle qui inspira les livres de Collins, fut de mixer le sensationnalisme de la télé-réalité avec le mythe de Thésée (notamment le sacrifice de jeunes gens jetés en pâture au Minotaure dans le labyrinthe du roi Minos). Nous sommes donc dans une cité futuriste, l’ex-Amérique du Nord. La nation de Panem est désormais divisée en douze districts où le peuple survit péniblement dans une société qui semble avoir régressé jusqu’au moyen âge.

 

Seule la capitale est peuplée de nantis et de riches oisifs qui se repaissent d’un jeu cruel et spectaculaire : les « Hunger Games » (autrement dit « les jeux de la faim »). Le principe à consiste à tirer au sort annuellement un couple de jeunes citoyens par district. Ces 24 « tributs » doivent s’affronter dans une forêt hostile, en s’aidant d’armes disséminées sur le terrain et de vivres chichement distribuées par d’éventuels sponsors. Un seul d’entre eux doit survivre. Tous les coups sont donc permis. Une fois ce contexte posé, le récit s’intéresse à la jeune Katniss (Jennifer Lawrence), qui se porte volontaire pour prendre la place de sa sœur cadette et se jette donc dans la fosse aux lions, face à des adversaires impitoyables et surentraînés. Ses seuls atouts : une détermination d’acier, une dextérité hors norme dans le maniement de l’arc, et la loyauté de son compagnon d’infortune Peeta (Josh Hutcherson).

 

Le sentiment de déjà vu, omniprésent, s’adjoint à des choix artistiques discutables. Visiblement en quête de prises de vues brutes et dynamiques, Gary Ross abuse ainsi d’une caméra portée (ou plutôt tremblée) et d’un surdécoupage nerveux (même dans les scènes les plus anodines) qui sont d’une efficacité toute relative. Sans compter ces visions grotesques de la capitale où cohabitent costumes bariolés, visages fardés et perruques fluorescentes, comme si la cour de Louis XVI et les années 80 avaient fusionné en un mixage contre-nature. Voir Stanley Tucci jouer les présentateurs TV hilares avec une moumoute bleue sur le crâne est un spectacle pour le moins consternant. En guest stars, Woody Harrelson et Donald Sutherland assurent quant à eux le service minimum. Hunger Games se rattrape partiellement grâce aux nombreuses séquences situées pendant le jeu lui-même, et au cours desquelles le suspense est souvent intense. Dommage que l’ensemble du film ne soit pas à l’avenant.

 

© Gilles Penso
Thema: Futur

Tag(s) : #FILMS