Resident+Evil+Damnationde Makato Kamiya (Japon)

 
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Inaugurée en 1996 avec un premier jeu vidéo, la franchise Resident Evil fait long feu. D’autres jeux vidéo, une dizaine de romans, un manga, cinq longs-métrages de cinéma principalement animés par Milla Jovovich, probablement un  sixième à l’horizon 2014 et, nettement moins exposés, trois films d’animation depuis 2000. Si le premier, un galop d’essai, ne dure que vingt minutes, le suivant, Resident Evil : Degeneration, s’étend sur l’heure trente réglementaire. Succès (en salles au Japon et directement en DVD partout dans le monde), il connaît une suite, Resident Evil : Damnation, réalisé par le même Makoto Kamiya qui, en quatre ans, a fait d’énormes progrès et radicalement changé de manière de faire.

 

Le personnage de la mutante Alice Abernathy, le virus-T et la conspiration du programme Umbrella étant, pour l’essentiel de leur usage, l’exclusivité des Resident Evil cinéma et live, Resident Evil : Damnation s’appuie, comme son prédécesseur, sur deux héros : l’agent de la CIA Leon Kennedy et Ada Wong, une espionne oeuvrant dans l’ombre. Hier enfermés dans une aérogare infestée de zombies, ils interviennent cette fois à l’échelle de la capitale d’une ancienne république d’Union Soviétique. Là, sur fond de marché pétrolier à conquérir, une révolution oppose le pouvoir autoritaire en place et des rebelles. Fait prisonnier par les seconds, Leon Kennedy défendra vite leur cause, quoi que la situation se complique assez rapidement, avec intervention de zombies téléguidés par des parasites, des monstres naturellement teigneux (les Lickers), la contamination du chef des insurgés…

 

Tout ceci s’achève par l’irruption de plusieurs titans, créatures dantesques visiblement imaginées sous la double influence de Bilal et de Moebius. Pas toujours très clair, ce script. Pourtant, le réalisateur Makoto Kamiya et ses collaborateurs en optimisent les ressources par la maîtrise d’une animation 3D nettement supérieure à celle du précèdent film. D’ailleurs, peut-on encore parler d’animation traditionnelle 3D avec  Resident Evil : Damnation ? Si certains visages apparaissent encore comme trop lisses, si certains gestes trahissent leurs origines, les images de synthèses donnent le change, si précises, si maîtrisées qu’elles se font souvent oublier. Les termes « réalité reconstituée » ou « réalité alternative » seraient plus adaptés tant la réalisation prend pour référence ultime le cinéma interprété par des comédiens de chair et d’os. Il en possède le découpage, l’esthétique… 

 

Assez bluffant, notamment dans des séquences d’action que Makoto Kamiya évite de pousser jusqu’aux délires graphiques habituels empruntés au jeu vidéo. Le combat entre Ada Wong et la Présidente est, à ce titre, exemplaire, reprenant la chorégraphie du cinéma d’arts martiaux de Hong Kong grâce à une captation des mouvements extrêmement fidèles. Plus sobre certes, mais aussi plus crédible, plus efficace d’un point de vue dramatique. L’irruption, in fine, des  géants issus de sarcophages cryogéniques  présente les mêmes caractéristiques, filmés comme s’ils intervenaient face à de vrais acteurs, dans des décors eux-mêmes en dur. Des moments d’anthologie. À ce rythme-là de progrès, Makoto Kamiya devrait hisser son troisième Resident Evil au rang de chef d’œuvre. Paul W.S. Anderson saurait bien avisé de lui céder son poste sur le prochain Resident Evil avec Milla Jovovich.

 

(Disponible en DVD et blu-ray chez Sony)

 

© Marc Toullec
Thema: Zombies

Tag(s) : #FILMS