Texas-Chainsaw-3D.jpg(Texas Chainsaw 3D)

de John Luessenhop (USA)

avec Alexandra Daddario, Dan Yeager, Trey Songz, Scott Eastwood, Tanua Raymonde, Shaun Sipos, James MacDonald

 

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Massacre à la Tronçonneuse a déjà été accommodé à toutes les sauces depuis 1974 : séquelles, remake, préquel, parodies, hommages… A de rares exceptions près, la plupart de ces relectures facultatives ne servaient qu’à renforcer le caractère exceptionnel et séminal du chef d’œuvre de Tobe Hooper. Après le diptyque réalisé à tour de rôle par Marcus Nispel et Jonathan Liebesman, Platinum Dunes décida d’abandonner la franchise, laquelle fut rachetée par Twisted Pictures afin de profiter de l’indéniable notoriété de la « marque ». Car à ce stade, l’entreprise semble bien plus commerciale qu’artistique. L’idée consiste à attirer un nouveau public – peu enclin à s’intéresser aux « vieilles » versions – en s’appuyant sur le gimmick de la 3D, désormais incontournable.

 

Malgré nos réticences, le film s’amorce plutôt bien. Le générique égrène les moments les plus forts de l’œuvre originale, accentuant leur impact par leur post-conversion en 3D et l’emploi d’une nouvelle bande son. Puis l’intrigue se raccorde très exactement à la fin de  Massacre à la Tronçonneuse , au moment où Sally échappe de justesse aux griffes de Leatherface et où celui-ci danse bizarrement sur la route, la tronçonneuse à la main, nimbé dans la lueur du soleil rasant. Le shérif ne tarde pas à débarquer devant la maison Sawyer, arme au poing, persuadé de pouvoir faire évacuer la famille maudite dans le calme et l’ordre. Mais il est rapidement rejoint par les autochtones qui entendent bien faire justice eux-mêmes. Sans se soucier des protestations du policier, ils incendient la maison et récupèrent parmi les cendres une tronçonneuse qui devient leur trophée, désormais exhibé fièrement dans le bar principal de la ville. Mais une femme a échappé au brasier. Un homme du cru la repère, la tue et récupère le bébé qu’elle serrait contre sa poitrine, pour l’élever lui-même avec son épouse.

 

Ce prologue, qui restitue bien l’atmosphère des années 70, évoque les travaux de Rob Zombie et notamment The Devil’s Rejects. Mais la suite n’est pas à la hauteur. Car nous voilà désormais en 2012, avec le sempiternel groupe de jeunes gens parti passer le week-end dans les bois. A leur tête se trouve Heather, qui vient d’hériter d’une belle demeure en plein Texas. Or Heather n’est autre que le bébé du prologue. Le problème majeur du film nous saute alors aux yeux : un scénario bourré d’incohérences. Comment une femme qui est censé avoir 39 ans (bébé en 1973, adulte en 2012) pourrait-elle n’avoir que 26 ans (l’âge du personnage à l’écran) ? Comment l’incendie survenu le soir du 19 août 1973 pourrait-il déjà être en première page du journal du 19 août 1973 ? A qui appartient le cadavre putréfié dans la maison d’Heather et pourquoi n’y fait-on plus jamais allusion après qu’un des personnage l’ait découvert ?

 

On n’en finirait plus de citer les invraisemblances qui ponctuent le film, et qu’un scénariste attentif aurait facilement pu éviter. C’est d’autant plus dommage que le parti pris du film, qui consiste à dresser un portrait tellement détestable des texans de la ville de Newt que la famille Sawyer nous semble presque sympathique en comparaison, avait beaucoup d’attrait. Le film est donc bancal. Ni catastrophique, ni révolutionnaire, il se regarde sans déplaisir, nous offre quelques débordements gore en 3D (la lame de la scie menaçante vient souvent à la rencontre du spectateur) mais n’apporte pas grand-chose à la saga et s’achève de manière très frustrante.


© Gilles Penso
Thema:
Cannibales, Tueurs


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