Pacific-Rim-main-Poster-Guillermo-Del-Toro-movie.jpgde Guillermo del Toro (USA)

Avec Charlie Hunnam, Idris Elba, Rinko Kikuchi, Charlie Day, Rob Kazinsky, Max Martini, Ron Perlman

 

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Un film qui achève son générique par une dédicace « à la mémoire des Maîtres des Monstres Ray Harryhausen et Ishiro Honda » ne peut pas être antipathique ! Avec Pacific Rim, Guillermo del Toro a décidé de citer ses sources, autrement dit les pères respectifs du Monstre des Temps Perdus et de Godzilla. C’est donc l’enfance qui est ici convoquée. Pas celle meurtrie de L’Echine du Diable ou du Labyrinthe de Pan, mais celle – autobiographique - d’un petit garçon dévorant des films de monstres sur son petit écran et jouant aux robots dans sa chambre.

 

Derrière son budget colossal et ses allures trompeuses de blockbuster formaté, Pacific Rim transpire donc la sincérité. Certes, c’est un plaisir coupable. Comment pourrait-il en être autrement avec un scénario s’appuyant sur des luttes entre des créatures amphibies de mille tonnes et des machines humanoïdes hautes comme des immeubles de vingt étages ? Mais quel spectacle généreux ! Quel exutoire ! Quel incroyable terrain de jeu ! Dès ses premières minutes, Pacific Rim met de côté la part adulte de chaque spectateur. « Quand j’étais gamin, et que je me sentais seul ou tout petit, je regardais les étoiles en me demandant si elles pouvaient être habitées », nous dit une voix off. « Eh bien, il se trouve que je regardais dans la mauvaise direction ». En effet, le danger ne vient pas de l’espace mais des profondeurs.

 

Au fin fond de l’Océan Pacifique, une brèche s’est ouverte, laissant régulièrement s’échapper des monstres titanesques, les « kaijus », dont les morphologies semblent combiner le dinosaure, le poisson et l’insecte, et dont le pouvoir de destruction semble illimité. Faute de pouvoir les abattre à l’aide d’armes traditionnelles, les gouvernement s’unissent pour concevoir un arsenal à la hauteur de la menace : les « jaegers », autrement dit des robots de 80 mètres de haut pilotés par des duos de pilotes dont les esprits communiquent télépathiquement. Mais plus les monstres surgissent, plus ils s’avèrent puissant, et au bout de sept ans de luttes acharnées, seuls quatre jaegers sont encore en état de marche…  

 

Pacific Rim concrétise sur grand écran un fantasme pur, que le Robot Jox de Stuart Gordon n’avait su qu’esquisser faute de moyens, et que les « kaiju-eiga » des studios Toho et Daei n’avaient que partiellement pu assouvir. Le film ne ment pas, ne cherche jamais à transcender la promesse de départ, mais il la tient avec tous les égards qu’elle mérite. Bien sûr, Pacific Rim n’est pas exempt de défauts. L’illisibilité de certains combats peut s’avérer frustrante, la simplification extrême des relations humaines confine au cliché, et la bande originale primaire de Ramin Djawadi sature les 120 minutes de métrage avec la finesse d’un marteau piqueur. De la part d’un esthète raffiné de la trempe de Guillermo del Toro, on pensait pouvoir éviter ces écueils. Mais le plaisir reste quasiment intact, d’autant que le cinéaste saupoudre sans cesse son film d’humour. Aux rires gras et cyniques d’un  Transformers, il préfère la drôlerie surréaliste véhiculée par des personnages secondaires truculents (Ron Perlman en tête), laissant en fin de film ses spectateurs lessivés mais heureux.

 

© Gilles Penso
Thema: Robots, Futur, Monstres marins

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