sharknado-affiche.jpgd’Anthony C. Ferrante (2013) – USA

Avec Ian Ziering, Tara Reid, John Heard, Cassie Scerbo, Jaason Simmons, Alex Arleo, Neil H. Berkow, Heather Jocelyn Blair


Quand ils ne copient pas les blockbusters du moment avec des budgets anémiques (La Guerre des Mondes 2, Da Vinci Treasure, Transmorphers), les petits malins de la compagnie de production Asylum mettent en scène des monstres marins, et tout particulièrement des requins, devenus leurs véritables mascottes. Après les inénarrables Mega Shark vs. Giant Octopus, Mega Shark vs. Crocosaurus ou le bien nommé L’Attaque du Requin à 2 Têtes, les bougres contre-attaquent avec l’impensable Sharknado, qu’on pourrait définir comme un mixage entre Les Dents de la Mer et Twister.

 

Le concept du film est résumé dans le premier plan du film : des milliers de requins en plein océan Pacifique fuient une monstrueuse tornade qui les emporte dans son vortex et se dirige dangereusement vers la ville la plus proche, autrement dit Los Angeles. Des nuées de squales vivants et affamés se mettent bientôt à pleuvoir sur la cité des anges, dévorant tout ce qui passe à leur portée, tandis que trois tornades titanesques ravagent la ville. Le titre du film et le slogan qui apparaît sur sa jaquette originale (« Enough said ! », autrement dit « Pas besoin d’en dire plus ! ») pourraient laisser imaginer que nous avons affaire à une parodie, ou tout du moins une œuvrette potache versant volontiers dans le second degré. Or si Sharknado n’est pas dénué d’humour, ce n’est pas son moteur narratif principal.

 

Le réalisateur Anthony C. Ferrante assume totalement le concept fou de son long-métrage et dirige ses comédiens avec autant de conviction que possible, truffant le film de morceaux de bravoure spectaculaires comme s’il s’agissait d’un blockbuster à gros budget. Le scénario ne se refuse donc rien : des vagues énormes qui submergent les bâtiments et les infestent de poissons mangeurs d’homme, les lettres du sigle Hollywood qui se détachent et s’envolent dans un ciel noir de nuages, la grande roue de la jetée de Santa Monica qui se détache et s’écrase contre un immeuble, le sauvetage vertigineux d’un bus scolaire… Certes, les effets visuels ne font pas toujours dans la finesse, mais si l’on tient compte des moyens étriqués du film (18 jours de tournage et un budget d’un million de dollars), on ne peut que saluer  ses folles ambitions, Sharknado s’avérant beaucoup plus soigné que la majorité des autres productions Asylum.

 

La vision surréaliste de centaines de requins nageant dans les rues inondées de Los Angeles, le combat mano a mano entre nos héros et un énorme squale dans une maison immergée (reposant sur l’emploi d’une créature animatronique conçue par l’atelier Synapse FX), les effets gore décomplexés qui ponctuent le métrage et son climax totalement démentiel s’avèrent franchement réjouissants pour les amateurs goulus de « creatures features » que nous sommes. Alors tant pis si certains comédiens jouent comme des savates ou si le rebondissement final plonge la tête la première dans le ridicule. Accompagné d’une campagne de promotion virale très efficace, Sharknado provoqua un véritable raz de marée lors de sa première diffusion en juillet 2013 sur la chaine américaine SyFy, au point qu’Asylum initia aussitôt une séquelle située cette fois ci en plein New York.

 

© Gilles Penso

Thema: Monstres marins, Catastrophe 

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