Vendredi 6 juin 2008
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(Gojira: Fainaru uôzu)
de Ryuhei Kitamura (Japon)
Avec Masahiro Matsuoka, Rei Kikukawa, Akira Takarada, Kane Kosugi, Kazuki Kitamura, Maki Mizuno, Don Frye, Kenji Sahara
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Le DVD est disponible ici
Pour fêter dignement les cinquante ans de Godzilla et redorer le blason d’une franchise ternie par ses derniers rejetons,
la Toho a décidé de confier le 28ème épisode de sa prolifique saga à Ryuhei Kitamura. Auteur de Versus, d’Azumi et de quelques animatiques de jeux vidéo, le cinéaste s’est spécialisé
dans l’action non-stop, une aubaine pour des producteurs désireux de toucher le jeune public. Le prélude nous explique que la prolifération de monstres géants est due aux guerres et à la pollution.
L’EDF (Earth Defense Force, rien à voir donc avec notre électricité nationale), a du coup formé une armée de mutants pour les combattre. Mais lorsque maintes créatures gigantesques se mettent à
attaquer simultanément les diverses capitales de la planète, l'EDF se retrouve soudainement impuissante. Débarque alors une étrange soucoupe volante qui stoppe net la menace. À son bord se trouvent
les Xiliens, des extraterrestres humanoïdes venus prévenir la Terre d'une menace imminente : la collision avec un astéroïde gigantesque nommé Gorus. Mais sous leurs airs doux et paisibles, les
Xiliens désirent en fait utiliser l'humanité à des fins culinaires...
De toute évidence, Kitamura a un fort penchant pour les Godzilla des années 60-70 (« mon préféré est Godzilla contre Mecanick Monster » avoue-t-il) (1), et si Final Wars est
conçu comme un best-of rendant hommage à l’ensemble de ses prédécesseurs, on y trouve surtout des allusions à la période disco. D’où ces extra-terrestres belliqueux qui rêvent de conquérir la Terre
(comme dans Invasion Planète X), cette prolifération de monstres détruisant les grandes capitales du monde (comme dans Les Envahisseurs Attaquent) et ce Godzilla redevenu sauveur de
l’humanité. Etrange patchwork, Godzilla Final Wars tourne vite à la cacophonie, à force de vouloir mélanger les genres et de s’efforcer de satisfaire tous les publics à la fois. Certes, le
spectacle y est total et l’action sans faille. Les combats entre humains enterrent tous les Matrix (notamment une
échauffourée à moto proprement ébouriffante), les batailles spatiales s’avèrent généreuses en démesure post-Star Wars et
les match de catch inter-monstres sont dotés d’un dynamisme encore jamais vu dans la série.
Mais le scénario part vite dans tous les sens, la mise en scène confond hystérie et rythme, et les fautes de goût abondent. Comme les interventions du bébé Godzilla le plus ridicule de la saga tout
entière, ou la bande originale de Keith Emerson, mixture électro-synthétique un tant soit peu surannée. Reste un grain de folie fort appréciable et une poignée d’idées extrêmement réjouissantes. La
plus géniale d’entre elles ? L’apparition d’un Godzilla en 3D, sosie de celui de Roland Emmerich, qui se fait dégommer d’un revers de queue par le « vrai » Godzilla ! « Cette scène était un
clin d’œil à tous les fans du monde entier que le Godzilla américain n’a pas convaincu », explique Kitamura. « C'était aussi pour moi une manière de montrer que je préfère les
trucages traditionnels aux images de synthèse. Rien ne vaut un bon costume de monstre en latex ! » (2) Derrière de si bonnes intentions, on ne peut que passer l’éponge sur les maladresses d’un
film finalement plus personnel qu’il n’y paraît.
(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juin 2005
Par Gilles Penso
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