Samedi 7 juin 2008
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11:09
(Prince of Darkness)
de John Carpenter (Etats-Unis)
Avec Donald Pleasence, Jameson Parker, Victor Wong, Lisa Blount, Dennis Dun, Alice Cooper, Susan Blanchard, Anne Marie Howard
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Le DVD est disponible
ici
Les deux précédents films de John Carpenter, Starman et Les Aventures de Jack Burton, ayant été de gros flops au box-office malgré leurs moyens conséquents, le metteur en scène décida
d’enchaîner avec une œuvre plus brute, en huis-clos, centrée sur un concept simple, avec un budget réduit et des comédiens qui lui sont familiers. Autant dire donc que ce Prince des Ténèbres
est probablement l’une de ses œuvres les plus personnelles. Comme il l’avait fait avec Assaut, quasi-remake officieux de Rio Bravo qui en reprenait certaines thématiques et plusieurs
situations, Carpenter réalise là une variation autour du film Les Monstres de l’Espace de Roy Ward Baker, dans lequel le professeur Quatermass mettait à jour dans le métro londonien un engin
antédiluvien abritant une entité maléfique. Et pour bien marquer ses influences, il signe son scénario sous le nom de Bernard Quatermass. Un scénario étrange et envoûtant, mixant en un audacieux
cocktail la science, la religion et la métaphysique.
Transfuge d’Halloween et New York 1997,
Donald Pleasence revêt ici la soutane d’un prêtre, découvrant après la mort d’un de ses collègues l’existence d’un ordre secret de l’église catholique, la « confrérie du sommeil ». Dans le sous-sol
d’une ancienne chapelle bâtie dans un quartier défavorisé de San Francisco, il tombe sur un étrange container empli d’un liquide vert en perpétuel mouvement. Perplexe et inquiet, l’homme d’église
demande au professeur de physique Howard Birac (Victor Wong, sorcier dans Les Aventures de Jack Burton) et à ses étudiants de venir étudier le phénomène, en compagnie d’une petite équipe de
scientifiques. Les premières constatations sont des plus troublantes : la datation au carbone 14 révèle que le cylindre est vieux de sept millions d’années, son mécanisme semble être conçu pour
n’être ouvert que de l’intérieur, et les inscriptions latines qui l’entourent sont des étranges équations mathématiques. Autour de l’église, les phénomènes curieux se multiplient. Les sans-abris se
massent comme une menaçante armée de morts-vivants, et les insectes grouillent plus que de raison.
Bientôt, le liquide vert s’échappe et entre en possession d’une scientifique, qui contamine peu à peu tous les autres… Car le container abrite rien moins que le Diable, prisonnier d’un monde
parallèle et bien décidé venir régner sur le nôtre. Du coup, la dernière partie du film, où les protagonistes sont pris en chasse dans les couloirs de l’église par leurs collègues zombifiés, évoque
beaucoup celle de L’Au-Delà. Et ce n’est pas un hasard, dans la mesure où John Carpenter et Lucio Fulci sont sous la même influence : celle d’H.P. Lovecraft, romancier de l’horreur indicible
et des démons intérieurs. Prince des Ténèbres retrouve ainsi l’atmosphère oppressante et l’unité de lieu qui firent le succès de Fog, tout en se permettant quelques écarts franchement
gore, notamment lorsqu’un homme tombe littéralement en morceaux, son corps étant envahi par des milliers de scarabées. Fidèle à ses habitudes, Carpenter clôt son récit sur une fin ouverte et
inquiétante, laissant vagabonder à loisir l’imagination du spectateur.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de John Carpenter
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