Lundi 9 juin 2008
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/Juin
/2008
19:45
(The Phantom Menace)
de George Lucas (1999) - USA
avec Ewan McGregor, Liam Neeson, Natalie Portman, Jake Lloyd, Ian McDiarmid, Pernilla August, Ray Park, Frank Oz
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Seize ans après Le Retour du Jedi, George Lucas s’est lancé dans une préquelle de sa saga interplanétaire, attendue comme le messie par une myriade de fans surexcités. Hélas, la démarche du
cinéaste semble ne pas avoir été menée à terme, comme si La Menace Fantôme n’était qu’une esquisse pas encore aboutie. L’une des plus grosses maladresses du scénario est de nous plonger au
cœur d’une situation politique complexe où tenants et aboutissants nous échappent, ce que résume fort bien le fameux texte déroulant d’introduction qui, à la première lecture, est tout bonnement
incompréhensible ! Du coup, les motivations des personnages et les enjeux mis en présence ne touchent les spectateurs que partiellement. De plus, le film souffre d’une construction dramatique très
déséquilibrée.
Après un prologue fort bien mené, ponctué d’idées visuelles brillantes comme ces deux faisceaux de sabres laser qui luisent dans la fumée pour évoquer la puissance des chevaliers Jedi, le rythme se
ralentit progressivement jusqu’à un gigantesque passage à vide qui fait décrocher plus d’un spectateur. Certes, Lucas nous offre une splendide course de bolides sur la planète Tatooine très
inspirée de Ben-Hur, au cours de laquelle le jeune Anakin Skywalker lutte pour sa liberté. Mais la qualité de la mise en scène et des effets visuels ne suffisent à nous captiver que
superficiellement, car d’un point de vue strictement narratif, cette course est absurde. Pourquoi, malgré ses pouvoirs, le chevalier Qui-Gon Jinn laisse-t-il un gamin de huit ans risquer ainsi sa
vie alors qu’il pourrait en un claquement de doigts l’arracher à ses esclavagistes ? Fort heureusement, le dernier tiers du film rattrape ces carences. Le souffle épique qu’il dégage, la
chorégraphie des combats et la partition de John Williams nous rappellent d’un seul coup que nous sommes bien dans cette Guerre
des Etoiles qui nous avait tant fait rêver. Il faut d’ailleurs avouer que si le charme opère enfin, c’est que nous sommes en terrain connu. En effet, le triple combat monté en action
parallèle dans cette dernière partie du récit calque sa construction sur le dénouement du Retour du Jedi.
« Lorsque La Menace Fantôme entra en production, ILM n’avait encore jamais pris en charge un film contenant 2000 plans truqués », raconte Kevin Rafferty, superviseur des images de
synthèse. « Pour y parvenir, nous avons partagé le travail en trois équipes, chacune dirigée par son propre superviseur d’effets visuels : Dennis Muren, John Knoll et Scott Squires. » (1)
Effectivement, le foisonnement des effets numériques est parfois étourdissant à l’écran. Mais un sentiment mitigé demeure. Alors que le casting humain est plein d’intelligence, Lucas n’a pas
résisté à la tentation d’une profusion de créatures ridicules et inutiles, la pire de toutes étant sans conteste l’amphibien rasta Jar Jar Binks qui multiplie les pitreries tout au long du film
pour assurer le rôle bien superflu de faire-valoir comique. Il en est de même pour les décors. On a beau s’extasier devant le magnifique palais princier tout droit sorti d’un album de "Flash
Gordon", on ne peut s’empêcher de rester perplexe face au siège des Maîtres Jedi, une espèce d’appartement new-yorkais perdu dans une forêt de buildings à la Blade Runner. Ce premier épisode présente au moins un mérite indiscutable : donner fortement envie au public de voir les deux
épisodes suivants, lesquels poseront les inexorables jalons du noir destin d’Annakin Skywalker.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2008
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Lucas
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