10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 06:00
(Mad Max Beyond Thunderdome)
de George Miller et George Ogilvie (Australie/Etats-Unis)
Avec Mel Gibson, Tina Turner, Bruce Spence, Adam Cockburn, Frank Thring, Angelo Rossito, Paul Larsson, Angry Anderson


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Après les deux explosions de violence et de folie qu’étaient Mad Max et sa séquelle, George Miller s’est fortement assagi à l’occasion de ce troisième volet co-signé avec George Ogilvie. Cette réalisation à quatre mains permit aux deux George de se répartir la direction des acteurs et la mise en scène des nombreuses séquences d’action du film. Max étant devenu un vrai héros, dénué de tout tourment psychologique et de tout déséquilibre psychique, sont préfixe « Mad » n’a plus vraiment de raison d’être. Quinze ans après l’holocauste nucléaire, notre cow-boy moderne erre toujours dans le désert. Un jour, il est attaqué par un gang de voleurs volants qui le dépossèdent de son véhicule et de ses biens. Sans ressource, il arrive à Bartertown, la ville du troc. Mais pour entrer dans la cité, conçue sur deux niveaux architecturaux, il faut pouvoir proposer de la monnaie d’échange.

Max propose donc de vendre ses services et rencontre Entité (Tina Turner) qui règne sur la « ville du dessus ». Il se retrouve obligé de lutter contre un redoutable colosse, dans le Dôme du Tonnerre, une nouvelle version des jeux du cirque. Cette séquence, absolument démentielle, constitue un véritable morceau d’anthologie. Les armes les plus redoutables passent de main en main, les coups sont portés sans la moindre demi-mesure, tandis qu’une foule surexcitée hurle de toutes parts un slogan imparable : « deux hommes entrent, un seul sort ! ». Mais l’issue du combat abonde dans le sens de l’évolution du personnage. Max n’est plus fou, il n’est plus guidé par la haine ou par ses instincts primaires, et c’est d’ailleurs ce qui risque de le perdre à plus d’une reprise. Ce qu’il perd en intensité et en impact, cet ultime volet le gagne par compensation en profondeur et en lyrisme, certaines images de Bartertown et de la cité des enfants (une idée inspirée au scénariste Terry Hayes par le roman « Sa Majesté des Mouches ») étant véritablement empreintes de poésie.

Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre
baigne aussi dans un humour au second degré directement hérité de celui des deux premières aventures d’Indiana Jones, en particulier lorsque Mel Gibson se retourne vers un agresseur, l’air blasé, et lui tire dessus (comme dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue), ou lorsqu’il court après un adversaire et sort du champ, puis revient à toutes jambes, poursuivi par une dizaine d’entre eux (à la manière d’Indiana Jones et le Temple Maudit). La poursuite finale, à grand renfort de véhicules étranges et recyclés, se mue du même coup en variation cartoonesque de celle de Mad Max 2, le méchant de service (incarné par Angry Anderson, chanteur du groupe australien Rose Tatoo) étant une espèce de Vil Coyote en chair et en os qui trompe la mort avec une opiniâtreté déconcertante. Prenant le relais de Brian May, le compositeur Maurice Jarre propose ici une partition inattendue, mêlant l’orchestre, les percussions et le saxophone pour mieux s’adapter à l’univers bigarré de ce dernier volet. En cours de production, le film fut endeuillé par la mort du producteur Byron Kennedy, victime d’un accident d’hélicoptère. George Miller et Mel Gisbon ne s’en remirent jamais totalement.


© Gilles Penso

Thema: Futur

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Published by Gilles Penso - dans FILMS
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commentaires

Prem 13/06/2008

Y a plus d'Interceptor, dans le crash du camion le méchant s'en sort... L'esprit Mad Max n'est définitivement plus là, le film étant visiblement édulcoré pour faire "grand public". Elle est loin l'interdiction de Mad Max 1...

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