Vendredi 13 juin 2008
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22:03
de George A. Romero (Etats-Unis)
Avec Simon Baker, Asia Argento, Dennis Hopper, John Leguizamo, Robert Joy, Pedro Miquel Arce, Krista Bridges, Eugene Clark
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Les zombies sont revenus sur le devant de la scène au début des années 2000, générant de nombreux succès et de confortables recettes. Il était donc plus que temps de redonner la parole à l’homme
qui popularisa les cadavres ambulants en créant presque un sous-genre du cinéma d’horreur, le bien nommé George Romero. C’est en tout cas ce qu’on pensé le producteur Mark Canton et les dirigeants
d’Universal, quasi-assurés de remplir leur tiroir-caisse tout en séduisant les fans irréductibles. « Sans m’en rendre compte, j’ai initié une sorte de chronique avec La Nuit des Morts-Vivants
» raconte Romero. « A partir de Zombie, l’utilisation de ce motif récurrent était plus consciente. C’est maintenant ma plateforme de travail. » (1) Dès les premières images, Land
of the Dead tient toutes ses promesses, prouvant que Romero n’a pas perdu la main et surclasse de loin tous ses imitateurs. Il suffit pour s’en convaincre de voir cette séquence d’ouverture
surréaliste dans laquelle les zombies reprennent pathétiquement leurs habitudes d’antan, l’un trimbalant inutilement son attaché-case, l’autre soufflant sans conviction dans une trompette au milieu
du kiosque d’un square, un troisième s’efforçant de faire fonctionner sa pompe à essence…
Peu à peu, il apparaît évident que les zombies ont évolué depuis Le Jour des Morts-Vivants. Ils ne courent pas le
marathon pas plus qu’ils n’accomplissent d’improbables acrobaties, comme chez Zack Snyder et Danny Boyle, mais développent une intelligence commune et un mode de communication, s’organisant
progressivement autour d’un meneur enclin à la révolte. Et l’esprit satirique de Romero transparaît aussitôt, la différence entre morts et vivants s’avérant de plus en plus ténue. Mais l’acerbe
critique sociale chère au cinéaste n’éclate pleinement qu’au moment où il nous présente une ville muée en bunker dans laquelle des survivants barricadés résistent aux assauts des morts-vivants,
tandis qu’une poignée de nantis vivent à l’abri dans une luxueuse tour, sous l’égide du mercantile Kaufman. Cette cité autarcique, cerclée d’une barrière électrifiée, n’est pas sans évoquer
New York 1997, d’autant que la mise en scène nerveuse de Romero et ses personnages burinés rappellent l’univers de John
Carpenter. Avec en prime des séquences gore inédites se parant de quelques effets numériques, et un casting particulièrement judicieux.
Moins révolutionnaire que La Nuit des Morts-Vivants, moins définitif que Zombie, Land of the Dead n’en demeure pas moins le meilleur film de zombies depuis des décennies. « D’un point de vue
stylistique, je pense que chacun des films de la série reflète le climat social et politique de l’époque à laquelle il fut réalisé » (2) , explique Romero. Ainsi, après le traumatisme du
Viêt-Nam en 1968, les excès de la société de consommation en 197 et le militarisme accru en 1987, les secousses du 11 septembre ont largement influencé ce quatrième volet. Voilà tout le génie de
Romero. Alors que la plupart de ses confrères se contentent de filmer des fusillades entre hommes et zombies dans l’optique de séduire les fans de jeux vidéo, Romero a toujours préféré se servir de
l’horreur et des monstres comme miroir déformant de notre société.
(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Romero
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