Vendredi 13 juin 2008
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/06
/Juin
/2008
23:54
(I am Legend)
de Francis Lawrence (Etats-Unis)
avec Will Smith, Alice Braga, Charlie Tahan, Salli Richardson-Whitfield, Willow Smith, Emma Thompson, Dash Mihok
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Armé d’un fusil et flanqué d’un berger allemand, Will Smith chasse le cerf dans les rues désertes d’une ville de New York dévastée. C’est cette séquence surréaliste qui ouvre Je suis une
Légende, troisième adaptation officielle du roman homonyme de Richard Matheson. La réussite de cette nouvelle version – sans doute la meilleure des trois – est d’autant plus appréciable qu’elle
faillit bien ne jamais voir le jour. Au milieu des années 90, c’est Ridley Scott qui envisageait de réaliser le film, avec Arnold Schwarzenegger en vedette (successeur logique du Charlton Heston du
Survivant), jusqu’à ce que les proportions pharaoniques du budget ne sabordent le projet. D’autres noms prestigieux circulèrent sur la chaise hypothétique du réalisateur, de Michael Bay à
James Cameron en passant par Paul Verhoeven. C’est finalement Francis Lawrence, auteur d’un Constantine pas vraiment folichon, qui hérita du bébé. Et force est de constater que son
traitement répond à toutes les attentes.
Convaincue de pouvoir éradiquer le cancer, le docteur Crispin (Emma Thompson) manipule génétiquement le virus de la rougeole. Résultat : un an plus tard, la race humaine a disparu. Tous se sont
mués en vampires mutants contaminant ou dévorant inlassablement leurs semblables. Seul Robert Neville (Smith, donc), un scientifique de l’armée, est miraculeusement immunisé contre l’infection.
Serait-il le dernier homme sur terre ? Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans l’espoir de trouver d’éventuels autres survivants. Le reste du temps, il remplit ses journées
selon un rituel excessivement méthodique, cherche désespérément le moyen d’enrayer le phénomène du virus, et se barricade dans la maison qu’il a investie dès que le jour décline. Car les créatures
qui vivent à l’extérieur se réveillent la nuit, mues par un insatiable appétit. Combien de temps lui reste-t-il avant de tomber entre leur griffes ?
Certes, le sujet de Je suis une Légende évoque énormément 28
Jours plus Tard, avec lequel il entretient de nombreux points communs. Mais il faut remettre les choses en perspective : le
film de Danny Boyle s’inspirait de La Nuit des Morts-Vivants, Zombie et Le Jour des Morts-Vivants de George Romero,
eux-mêmes largement influencés par le roman de Richard Matheson. Le film de Francis Lawrence marque ainsi un naturel retour aux sources, et si les séquences d’attaque des vampires – tous
interprétés par des « acteurs » numériques bluffants de réalisme – coupent bien souvent le souffle, le drame humain l’emporte majoritairement sur l’action. Contrairement à I Robot d’Alex
Proyas, dans lequel le studio refusait d’assumer l’austérité du personnage incarné par Will Smith en le poussant à lâcher quelques vannes détendues ou pire à faire de la publicité pour une marque
de baskets, Je suis une Légende expose pleinement les fêlures de son anti-héros méthodique et dépressif. Lorsque l’humour pointe le bout de son nez, c’est de manière désespérée, comme
lorsque Neville récite par cœur les dialogues de Shrek qu’il a bien dû visionner cent fois. Voilà donc une admirable variation sur un thème connu, doublée d’une belle performance
d’acteur.
© Gilles Penso
Thema: Zombies, Vampires, Mutants
Par Gilles Penso
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http://freakosophy.over-blog.com/article-31260966.html
Bonne lecture
Fr.
Le livre original n'est pas spécialement gore (il est d'ailleurs excellent comme à peu près tout ce qu'a écrit Richard Matheson). L'angoisse du texte initial est plutôt bien traduite je trouve. En tout cas, ça reste mon adaptation préférée.