Samedi 14 juin 2008
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14:40
(The Chronicles of Narnia : The Lion, the Witch and the Wardrobe)
d’Andrew Adamson (Etats-Unis)
Avec Georgie henley, Skandar keynes, Anna Popplewell, William Moseley, Tida Swinton, James McAvoy, Jim Broadbent
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Les studios Disney n’ayant pas senti venir assez tôt la gigantesque vogue de l’héroïc fantasy et du conte fantastique amorcée par les sagas Harry Potter et Le Seigneur des Anneaux, ils se dépêchèrent de rattraper le train en marche afin de lancer eux-mêmes leur propre franchise. Pour
minimiser les risques, ils engagèrent le réalisateur Andrew Adamson (jusqu’alors spécialisé dans l’animation avec les deux Shrek) et l’équipe des effets spéciaux de Weta, maîtres d’œuvres de
la trilogie de Peter Jackson. Quant au scénario, il adapte le premier tome des « Chroniques de Narnia », un best-seller en sept volumes signé C.S. Lewis qui fut lui-même un ami proche de J.R.R.
Tolkien, avec lequel il partageait le goût des univers fantaisistes et des créatures imaginaires. Avec de tels atouts en poche, et un budget colossal de 180 millions de dollars, la multinationale à
tête de souris espérait bien tenir la dragée haute à ses concurrents.
Or, si Le Monde de Narnia chapitre 1 remporta un indéniable succès, il faut bien avouer qu’il manque singulièrement d’âme et de personnalité, preuve qu’un bon produit marketing ne donne pas
forcément un bon film, et que rien ne remplacera la forte personnalité d’un artiste (qu’aurait donné Le Seigneur des
Anneaux sans Peter Jackson à la barre ?). Ce premier épisode démarre dans un contexte réaliste, celui de la seconde guerre mondiale. Alors que l’aviation allemande bombarde inlassablement
Londres, quatre frères et sœurs, Peter, Susan, Edmund et Lucy Pevensie, sont envoyés par leur mère dans un manoir habité par un professeur excentrique et une gouvernante autoritaire. En jouant à
cache-cache, Lucy découvre une armoire qui la transporte dans le monde de Narnia, dans lequel s’affrontent le valeureux lion Aslan et le redoutable Sorcière Blanche. Lorsque ses trois frères et
sœurs la rejoignent, ils prennent une part active dans une monstrueuse bataille opposant des milliers de belligérants déchaînés.
Et c’est bien là que Le Monde de Narnia entend en mettre plein la vue à ses spectateurs. Effectivement, on n’avait sans doute jamais vu autant de créatures fantastiques réunies dans le même
film. Faunes, centaures, licornes, griffons, nains, minotaures, hommes-chauves-souris, cyclopes, guerriers à tête de phacochère, c’est un véritable festival, sans compter les innombrables animaux
factices (lion, ours, rhinocéros, guépards, loups, renards, marmottes, chiens et gorilles) qui s’animent parmi nos héros. Œuvre commune des infographistes de Weta et du maquilleur spécial Howard
Berger, tous ces êtres mythiques constituent l’attrait principal du film, mais ne suffisent guère à attiser l’intérêt sur les deux heures et demi que dure ce récit. Car il faut bien reconnaître
qu’il ne se passe pas grand-chose dans ce conte préfabriqué, en dehors d’une poignée de péripéties déjà vues ailleurs. La bataille elle-même, point d’orgue du film, pêche par son manque d’enjeux et
de tension, sans parler du cruel manque de charisme de l’ensemble des comédiens.
Par Gilles Penso
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