Mardi 17 juin 2008
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15:26
(The Happening)
de M. Night Shyamalan (Etats-Unis)
avec Mark Wahlberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo, Ashlyn Sanchez, Betty Buckley, Spencer Breslin, Robert Bailey Jr
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Selon une théorie scientifique imagée, notre planète s’ébroue parfois pour se débarrasser des parasites humains qui lui démangent l’échine. C’est ce qui expliquerait les tremblements de terre, raz
de marées et autres éruptions volcaniques qui, régulièrement, déciment les populations. Cette théorie sert de base au scénario de Phénomènes, un film catastrophe sombre et désenchanté que M.
Night Shyamalan semble avoir mis sur pied pour redorer son blason aux yeux du public et de la profession. Car La Jeune Fille de l’Eau, son opus précédent, n’avait pas convaincu grand monde.
Exit donc la naïveté bon enfant et les personnages de contes de fées, place au drame fantastique qui avait si bien fonctionné à l’époque de Sixième Sens.
Après avoir claqué la porte du studio Disney et commis un flop chez Warner, le cinéaste trouve finalement refuge chez la Fox. Le premier quart d’heure du film se reçoit comme un coup de poing. A
Central Park, un groupe d’hommes et de femmes s’immobilise soudain, comme sous l’effet d’une pétrification de groupe, tandis qu’une jeune femme décroche l’aiguille qui tenait son chignon et se
l’enfonce tranquillement dans la gorge. Quelques pâtés de maison plus loin, des ouvriers se laissent tomber d’un toit par dizaines et s’écrasent au sol. Partout dans New York, des suicides en masse
son ainsi répertoriés. S’agirait-il des effets d’une neurotoxine déclenchée par une attaque terroriste ? Les trépas collectifs s’intensifiant à une vitesse alarmante, les new-yorkais doivent
évacuer la ville.
C’est ainsi que le professeur de sciences Elliot Moore (Mark Wahlberg), son épouse Alma (Zooey Deschanel), leur ami Julian (John Leguizamo) et sa petite fille Jess (Ashlyn Sanchez) s’embarquent
pour un des trains spécialement affrétés. Mais le phénomène touche bientôt toute la côte Est des Etats-Unis. Perdus en rase campagne, nos héros tentent de survivre et de comprendre l’origine du
mal, jusqu’à ce qu’un de leurs compagnons d’infortune n’évoque une idée impensable : las des agressions répétées à l’encontre de la nature, les plantes se mettent à développer des spores qui
contaminent les humains et les poussent à se donner la mort.
Le point de départ est donc très fort, et Shyamalan n’y va pas avec le dos de la cuiller, concoctant des suicides particulièrement gratinés (on n’est pas près d’oublier les scènes de la fosse aux
lions et de la moissonneuse batteuse !). Moins stylisée qu’à l’accoutumée, la mise en scène réserve malgré tout quelques morceaux de bravoure, notamment lorsqu’un pistolet passe de main en main,
semant les cadavres sur le bitume. Hélas, le scénario peine à développer ces prémisses prometteuses et se met bien vite à patiner, Shyamalan s’avérant incapable de bâtir un troisième acte
satisfaisant et une chute digne de ce nom. Quelques scènes incohérentes (l’évacuation de New York ressemble à un tranquille départ en vacances), des dialogues indigents (la dissertation sur les
hot-dogs) et un jeu d’acteurs approximatif (Zooey Deschanel passe la majeure partie du film à écarquiller bizarrement ses jolis yeux) jouent également en défaveur de ce Phénomènes trop
laxiste pour convaincre totalement.
© Gilles Penso
Thema: Végétaux, Catastrophes
Par Gilles Penso
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