Mardi 17 juin 2008
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/2008
21:52
(28 Days Later)
de Danny Boyle (Grande-Bretagne)
avec Cillian Murphy, Naomie Harris, Noah Huntley, Alexander Delamere, Kim McGarrity, David Schneider, Toby Sedgwick
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Après tant de films consacrés aux zombies, était-il encore possible de surprendre le public et de révolutionner le sujet ? Oui ! Danny Boyle y est parvenu de magistrale façon, en abordant le thème
des morts-vivants sous un jour hyperréaliste, loin des conventions de ce sous-genre si souvent visité sur tous les continents. L’invasion des cadavres anthropophages est ici provoquée par des
singes à qui des savants inconscients ont inoculé un virus censé exacerber leur rage. Grâce à une image DV proche du reportage, à des comédiens au jeu naturaliste et à une mise en scène évitant les
figures imposées, le réalisateur de Trainspotting propose un traitement différent. D’ailleurs, le mot « zombie » n’est jamais prononcé dans le film. On préfère parler de « contaminés »,
comme si nous avions affaire à une maladie réelle, rendue plausible par des recherches orientées vers la guerre bactériologique. L’horreur de la situation n’en est que plus tangible, et le fait que
Boyle fasse ici ses premiers pas dans le genre participe sans aucun doute de ce réalisme.
Pourtant, 28 Jours plus tard cligne souvent de l’œil en direction de l’œuvre de George Romero, référence ultime et incontournable en la matière. Dès l’extraordinaire séquence d’introduction,
lorsque le héros se retrouve seul dans un Londres désert et laissé à l’abandon, on pense au prologue du Jour des
Morts-Vivants. L’ombre du grand George plane encore sur ces quatre survivants qui fuient ensemble en quête d’un refuge hypothétique. Les séquences du ravitaillement à la station-service
(avec une attaque d’enfants zombifiés) ou des courses dans le supermarché déserté sont des hommages évidents à Zombie. Et
lorsque nos héros se heurtent à des militaires bornés qui ont capturé l’un des « contaminés » pour l’étudier, c’est à nouveau Le
Jour des Morts-Vivants qui revient en mémoire, via son incroyable personnage de Bud le zombie apprivoisé. Pourtant, 28 Jours plus tard existe d’une manière parfaitement autonome,
sans jamais souffrir du syndrome de la copie ou du clin d’œil amusé à la Kevin Williamson.
Danny Boyle parvient à nous terrifier à de nombreuses reprises avec ses zombies qui, contrairement à leurs ancêtres à la démarche traînante, courent hystériquement, accompagnés d’effets sonores
effrayants et d’un effet « shutter » qui dote les prises de vues d’une frénésie fort efficace. A ce titre, la séquence du tunnel est un véritable morceau de bravoure, les monstres étant précédés
d’une horde de rats terrifiés. D’autres scènes, comme cette vue panoramique de Manchester sous les flammes, sont empreintes d’une poésie quasi-surréaliste. Après un climax dans lequel la violence
et l’hystérie explosent sans aucune retenue, le dénouement s’ensoleille enfin mais reste ouvert, laissant planer un doute sur le destin des rescapés. Encore un point commun avec Romero. 28 Jours
Plus Tard aura un tel impact que dès lors, il sera difficile d’envisager un film de zombie autrement qu’avec des cadavres courant le marathon hystériquement. Un parti-pris que Romero lui-même
juge illogique, mais qui démontre ici une indéniable efficacité.
Par Gilles Penso
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Je viens de le revoir (pour la 20ème fois) et c'est toujours efficace. Et voir Londres vide... ça fout les boulles !!
Je conseille vivement la suite, 28 semaines plus tard (supervisé par Boyle himself qui réalise la scène d'intro), ne serait-ce que pour la dernière image. D'une beauté, mes amis !!!!!!!....