Vendredi 20 juin 2008
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00:32
(The Beastmaster)
de Don Coscarelli (Etats-Unis)
avec Marc Singer, Tanya Roberts, Rip Torn, John Amos, Josh Milrad, Rod Loomis, Janet de May, Chrissy Kellog, Janet Jones
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Le colossal succès de Phantasm (eu égard de son modeste budget de 300 000 dollars) permit à Don Coscarelli d’enchaîner avec une épopée d’héroïc-fantasy dans la droite lignée de Conan le Barbare. Mais l’imaginatif cinéaste parvient à s’extraire très vite de l’influence de John Milius pour concocter un
récit à sa sauce. Le grand méchant de Dar l’Invincible est Maax (Rip Torn), adorateur d’un culte païen qui raffole des sacrifices d’enfants. Lorsqu’il annonce au roi Zed (Rod Loomis) que son
propre rejeton doit y passer à son tour, le souverain apprécie peu et fait bannir l’importun. Peu démonté pour autant, Maax fait appel à l’une des sorcières qui sont à son service (des femmes
court-vêtues au corps sublime mais au visage abominable) pour ravir l’enfant de Zed alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère.
Par un sortilège pour le moins étrange, le bébé est donc aspiré du corps de la reine et achève sa gestation dans la panse d’une vache ! Lorsque celle-ci met bas, la sorcière s’apprête à le
sacrifier, mais un villageois assiste à la scène et occis la mégère, adoptant du même coup le bébé auquel il donne le nom de Dar. Parvenu à l’âge adulte, et joyeusement incarné par Marc Singer, le
prince déchu démontre une belle habileté au combat et surtout la capacité de communiquer avec les animaux. Lorsque son village est détruit par une horde barbare, il échappe au massacre grâce à un
chien qui meurt à sa place. Héritant des armes de son père adoptif, Dar marche alors vers la vengeance et rencontre ses premiers amis : un aigle qui lui prête son regard perçant, deux mangoustes
qui lui évitent d’être englouti dans un sable mouvant, et un tigre noir qu’il sauve d’une mort certaine.
Ces compagnons sauvages symbolisent respectivement les yeux, la ruse et la force de Dar, qui déclarera plus tard : « Je vois par leurs yeux, ils voient par les miens. Ils savent mes pensées et je
sais les leurs. Nous dépendons les uns des autres ». Et puis, vision enchanteresse, paraît enfin Tanya Roberts, s’ébattant les seins nus sous une cascade. Prénommée ici Kiri, elle est l’une des
nombreuses esclaves du culte dirigé par le maléfique Maax. Car le bougre n’a rien perdu de ses élans sanguinaires. Du haut d’une pyramide d’inspiration maya, il continue à verser le sang juvénile
tout en créant une armée de guerriers invincibles. Avec l’aide de ses animaux, de l’irrésistible Kiri, du massif combattant Seth (John Amos) et du jeune fils de Zed (Josh Milrad), Dar
se prépare à passer à l’attaque.
Réalisé pour le quart du budget de Conan, Dar l’Invincible déploie une inventivité de tous les instants :
créatures étranges (les démons mi-hommes mi-chauves-souris qui engloutissent leurs victimes), objets magiques (la bague-espion équipée d’un œil mobile), personnages surprenants (les gardes de la
mort aux bras hérissés de pointes et aux yeux luisant sous leur casque), et surtout scènes d’action inédites mettant à contribution les amis à plumes et à poils du héros. Le combat final, qui se
déroule au milieu d’un immense brasier, clôt le film sur une note spectaculaire. Deux séquelles tardives suivront, en 1991 et 1996, ainsi qu’une série télévisée entre 1999 et 2002.
Par Gilles Penso
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