Lundi 23 juin 2008
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(Attack of The Crab Monsters)
de Roger Corman (Etats-Unis)
Avec Richard Garland, Pamela Duncan, Russel Johnson, Mel Welles, Beech Dickerson, Leslie Bradley, Jonathan Haze
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Le DVD est disponible
ici
Hyperactif en cette belle année 1957, Roger Corman réalisa pas moins de dix films en douze mois, dont cet étonnant Attack of the Crab Monsters qui demeure l’une de ses séries B de
science-fiction les plus fameuses. Se laissant probablement guider par la vogue des invertébrés géants amorcée par Des Monstres
Attaques la Ville, Tarantula et consorts, Corman et
son scénariste Charles B. Griffiths prennent pour héros un groupe de scientifiques explorant une île du Pacifique pour y étudier les retombées des essais atomiques, et découvrir ce qui est arrivé à
l’expédition précédente, qui n’a plus donné signe de vie. A peine débarquent-ils que le réalisateur nous octroie une séquence choc assez gratinée pour l’époque. Un marin y tombe d’une barque et
s’enfonce sous l’eau. Lorsque ses collègues le repêchent, il n’a plus de tête ! Plus tard, nous aurons droit à un autre effet presque gore, lorsqu’un des membres du groupe se fait arracher la main par un éboulement.
Bientôt, l’expédition découvre que toute vie animale semble avoir disparu sur l’île, à l’exception de quelques crabes de terre qui errent sur la plage. Mais l’effet des radiations atomiques s’est
avéré bien plus spectaculaire que le bouleversement de l’écosystème. En effet, nos héros se retrouvent bientôt en présence de crabes gros comme des camions et particulièrement vindicatifs, qui
dévorent un à un les membres de l’équipe. Doués de télépathie, les crustacés mutants communiquent dès lors avec les humains en empruntant la voix de leurs victimes. Ce phénomène pour le moins
excentrique est vaguement expliqué par un scientifique avançant la théorie que les crabes ont dévoré le cerveau des hommes, assimilant dès lors leurs cellules et leur intelligence. L’argument ne
tient pas, même pour le spectateur le moins exigeant, mais cette idée scénaristique accroît le potentiel d’épouvante du film, et permet aux monstres de dépasser leur rôle basique de machines à
détruire et à engloutir.
Par le biais de la bande son, Corman parvient à créer des moments d’angoisse efficace, les monstres restant invisibles dans un premier temps mais cliquetant d’une manière insolite et stressante.
Puis ce sont des pinces géantes qui apparaissent, fracassant les murs en carton-pâte et capturant les victimes hurlantes. Lorsque les crabes apparaissent enfin en entier, il faut avouer qu’ils sont
plutôt réussis, leur morphologie, leur texture et leurs déplacements fonctionnant assez bien, malgré de gros yeux un peu grotesques et les jambes humaines des manipulateurs que les plus attentifs
peuvent apercevoir furtivement. Conçus grandeur nature par Beach Dickerson et Ed Nelson, les crustacés géants (en fait un seul exemplaire jouant le rôle de l’ensemble des créatures) interagissent
du coup avec les comédiens avec un certain degré d’efficacité. Dommage que la solution pour les éliminer s’avère si simple, et que le film s’achève aussi brutalement, sans le moindre épilogue digne
de ce nom. Lors de sa sortie, L’Attaque des Crabes Géants fut présenté en double programme avec Not of this Earth, un autre petit bijou de science-fiction signé Corman.
Par Gilles Penso
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Publié dans : FILMS
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