Mardi 24 juin 2008
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09:01
de Franck Darabont (Etats-Unis)
Avec Thomas Jane, Andre Braugher, Laurie Holden, Marcia Gay Harden, Toby Jones, Amin Joseph, Alexa Davalos, William Sadler
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L’adaptation d’un roman de Stephen King par Franck Darabont est toujours un événement. Après The Woman in Room, Les Evadés et La
Ligne Verte, notre homme s’attaque ici à « Brume », une nouvelle publiée en 1985 dans le recueil du même nom. Darabont en profite pour revenir à ses premières amours : les « monster movies » à
l’ancienne. Rappelons en effet que cet auteur/réalisateur primé aux quatre coins du monde écrivit en début de carrière les scripts de Freddy 3, du Blob et de La Mouche 2. Incarné par Thomas Jane, le héros de The Mist est David Dayton, qui vit dans une petite
ville du Maine et gagne sa vie en peignant des affiches pour le cinéma (son atelier est d’ailleurs orné par le fameux poster de The Thing). Un
soir, une tempête ravage les environs et déracine de nombreux arbres autour de sa maison. Parti dans la superette du coin en compagnie de son jeune fils Billy pour acheter de quoi réparer les
dégâts, David constate qu’une brume étrange enveloppe peu à peu toute la ville, et que d’inquiétantes créatures s’y dissimulent. Quiconque tente de s’échapper du magasin est en effet happé et
dévoré par des choses invisibles. Pour éviter de connaître un sort similaire, la petite centaine d’habitants réfugiés dans le supermarché va devoir se serrer les coudes.
La grande force de The Mist est d’aborder son sujet sous un angle extrêmement réaliste et de s’attacher en priorité au comportement de ses protagonistes. En situation de crise, le vernis ne
tarde pas à craquer, et lorsque la panique se répand telle une traînée de poudre, la nature humaine prend des atours très peu reluisants. A l’instar d’une Nuit des Morts-Vivants, The Mist pose alors en substance la question fatidique : les monstres qui rodent à l’extérieur
sont-ils pire que les humains en proie au huis clos ? Galvanisés par une redoutable bigote (l’excellente Marcia Gay Harden) récitant sans interruption des versets de la bible, la plupart des
rescapés se laisse bientôt aller au fanatisme religieux, quitte à organiser des sacrifices humains pour calmer « la colère divine ».
S’il se concentre sur ses comédiens qu’il filme d’ailleurs avec une nervosité proche du reportage (avec l’aide du chef opérateur et des cadreurs de la série The Shield), Franck Darabont ne
délaisse pas pour autant les monstres eux-mêmes. Et lorsqu’il se décide enfin à les révéler, nous découvrons des abominations qui semblaient n’exister jusqu’alors que dans les pires cauchemars… ou
dans les romans de Lovecraft. Céphalopodes titanesques dont les tentacules arrachent les chairs de leurs victimes, insectes géants armés de dards empoisonnés, créatures volantes à mi-chemin entre
le ptérodactyle et le rapace, araignée géantes arborant d’hideux faciès grimaçants, chacune de ces bêtes apocalyptiques provoque d’irrépressibles frissons à chacune de ses apparitions. Accumulant
les tensions extrêmes et les séquences horrifiques, le film s’achemine vers un dénouement très éprouvant, qui s’éloigne du texte original pour asséner un véritable coup de massue au spectateur.
The Mist est donc une réussite indéniable, assumant pleinement son statut de « film de monstre » tout en transcendant avec talent les codes du genre.
Par Gilles Penso
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