(Clash of the Titans)
de Desmond Davis (Etats-Unis)
Avec Harry Hamlin, Judy Bowker, Laurence Olivier, Maggie Smith, Claire Bloom, Ursula Andress, Neil McCarthy
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C'est au scénariste Beverly Cross que nous devons l'idée de porter à l'écran les aventures mythologiques de Persée, une idée qui germa en 1969, alors qu'il résidait en Grèce. En toute logique, il
se tourna vers Charles Schneer et Ray Harryhausen, le duo à l'origine du splendide Jason et les Argonautes.
Le récit commence lorsque le roi Acrisios fait jeter à la mer, enfermés dans un cercueil, sa fille Danaé et Persée, l’enfant qu’elle a eu de Zeus. Celui-ci ordonne à Poséidon de les sauver, et de
libérer le Kraken, Titan des mers, pour qu’il détruise Argos, la patrie d’Acrisios.
Danaé et Persée échouent sur l’île de Sériphos. Vingt ans plus tard, Zeus transporte Persée à Jappa : il doit reconquérir Argos. Il dispose pour cela du bouclier d’Athéna, d’un casque qui le rend
invisible et d’une épée indestructible. A Jappa, il tombe amoureux de la princesse Andromède, frappée d’une terrible malédiction. Pour la libérer, il doit poursuivre un vautour géant, vaincre
Calibos, le diabolique fils de Thétis, dompter le cheval ailé Pégase, éliminer le chien bicéphale Dioskylos, affronter les sorcières du Styx, lutter contre deux scorpions géants et combattre la
terrifiante Méduse au regard pétrifiant, avant un ultime affrontement avec le Kraken.
Même si Jason et les Argonautes demeure l’incontournable référence en matière de film mythologique, ce
Choc des Titans submerge ses spectateurs ébahis de scènes anthologiques et de créatures délirantes : le Kraken, un reptile humanoïde aux traits simiesques doté de quatre bras
tentaculaires qui ne doit rien à la mythologie grecque mais plutôt aux légendes nordiques, Calibos, le démon interprété par une figurine animée dans les plans larges et l’acteur Neil
McCarthy dans les gros plans, le sinistre vautour géant, le magnifique Pégase, le robotique Bubo, l’agressif Dioskilos… Et bien sûr Méduse, dont l’apparition constitue le clou du film, en une
séquence extraordinaire nimbée d’une photographie rougeoyante somptueuse. « L’une de nos grandes références était la photographie des films noirs des années 40 avec Joan Crawford, comme
Le Roman de Mildred Pierce, qui jouait beaucoup avec les ombres et avec les éclairages très directionnels », nous raconte Harryhausen. (1)
Persuadé que la présence d'une star ou deux donnerait au film une dimension plus grande que les précédentes productions de Schneer et Harryhausen, Beverly Cross n'y alla pas par quatre chemins et
proposa à rien moins que Laurence Olivier le rôle de Zeus. Et celui-ci accepta ! Suivirent Maggie Smith en Thétis, Claire Bloom en Héra et Ursula Andress en Aphrodite. Ce dernier choix est plein
de symbole, puisque la belle Ursula fit ses débuts à l'écran dans James Bond contre Dr No en émergeant des
flots comme la Venus de Boticcelli. La joie de retrouver les vieilles gloires d’Hollywood dans le rôle des dieux de l’Olympe se mêle à celle d’assister aux derniers exploits d’Harryhausen qui
signait là ses adieux au cinéma. Le charme kitsch du Choc des Titans s’accordant mal avec le SF high-tech de L’Empire Contre-Attaque, c’est une page du cinéma merveilleux qui se tourna alors, pour laisser place à d’autres
magiciens du septième art.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004.
L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.

Avis aux amateurs d'effets spéciaux
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