Dimanche 6 juillet 2008
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13:33
(Gojira)
De Kohji Hashimoto (Japon)
Avec Keiji Kobayashi, Ken Tanaki, Yasuko Sawagushi, Shin Takuma, Tatsuya Mihashi, Eitaro Ozama, Jun Tazaki
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Le DVD est disponible
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Les Monstres du Continent Perdu n’ayant guère connu les faveurs du public, la prolifique série des films consacrés à Godzilla s’interrompit tout net en 1975. Pour faire renaître de ses cendres
le dinosaure radioactif, il était évident qu’il fallait une nouvelle approche, les derniers films en date s’étant tournés vers le tout jeune public jusqu’à la caricature. Alors, pour célébrer les
trente ans de son existence, la Toho s’est lancé dans ce Retour de Godzilla flambant neuf, qui ignore superbement tous ses
prédécesseurs, à l’exception du film original dont il constitue une sorte de suite directe. Finis les gadgets ridicules, les extra-terrestres multicolores, les monstres gentils qui parlent et les
bébés dinosaures farceurs. Ici, Godzilla redevient la bête redoutable qui symbolise les forces déchaînées de la nature et les périls de l’atome. Son look a d’ailleurs connu un petit ravalement de
façade. Ses canines sont désormais proéminentes comme celles d’un chien féroce, son regard sévère et bestial, et même s’il demeure un comédien engoncé dans un costume de caoutchouc, il y gagne en
crédibilité.
Fort d’un budget généreux, le superviseur des effets spéciaux Teruyoshi Nakano se paie même le luxe d’une version animatronique du dinosaure, qui ne servira finalement que très peu. Notre monstre
apparaît furtivement dès le prologue du film, attaquant un navire russe dont les membres de l’équipage sont ensuite tués par d’affreux parasites géants, mixages entre la limace et le scorpion.
Godzilla s’en prend ensuite à une centrale nucléaire, revigorant ses forces grâce au plutonium, gagnant encore en puissance, et atteignant les 80 mètres de haut ! Les séquences d’effets spéciaux
s’avèrent extrêmement spectaculaires, même si les maquettes demeurent facilement identifiables, et le saccage de Tokyo, notamment, restera dans les mémoires comme un véritable déferlement de bruit
et de fureur. Godzilla y détruit les buildings à grands coups de queue, secoue un métro aérien comme King Kong, crache du feu à tire-larigot et semble tout bonnement invincible.
Mais ce Retour de Godzilla n’est pas qu’un défouloir pyrotechnique. Les séquences humaines s’y développent en suscitant un réel intérêt. Notamment cette assemblée générale au cours de
laquelle le premier ministre japonais refuse catégoriquement d’utiliser l’arme atomique pour détruire Godzilla, contre l’avis de ses homologues américains et russes. La tension y atteint celle des
meilleurs films catastrophes de l’époque, et le traumatisme d’Hiroshima et Nagazaki y est plus que jamais palpable. Après avoir été frappé par une bombe au cadmium lâchée par « Super X », une
forteresse volante futuriste digne des Thunderbirds, Godzilla semble succomber. Mais l’explosion accidentelle d’un missile nucléaire au-dessus de la couche atmosphérique provoque une tempête
électromagnétique qui le réveille. Il sera finalement détruit par l’éruption d’un volcan, la nature s’avérant plus efficace que n’importe quelle arme imaginée par l’homme. Le succès de ce Retour
de Godzilla fut tel qu’il raviva la franchise et donna naissance à une série de remakes modernisés des aventures de cet immortel dragon préhistorique.
Par Gilles Penso
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