Mardi 8 juillet 2008
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11:15
(The Abyss)
de James Cameron (Etats-Unis)
Avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn, Leo Burmester, Todd Graff, John Bedford Lloyd, Leo Burmester
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Dans la continuité de Terminator et Aliens, James Cameron signe avec Abyss un film palpitant d'un bout à
l'autre. On y retrouve ses penchants pour le futurisme hyperréaliste, la thématique de l’homme broyé par une machinerie gigantesque
qu’il a lui-même créée, la figure récurrente de la femme forte et – plus que jamais – l’omniprésence de la couleur bleue. « C’est une couleur que
j’adore ! », avoue-t-il « J’ai passé 2500 heures sous l’eau au cours de mes nombreuses plongées sous-marines,
et tout est bleu dans l’océan. C’est magnifique.» (1) Au cours du prologue, un sous-marin nucléaire de l'US Navy
se retrouve inexplicablement immobilisé dans une immense crevasse, à plus de 700 mètres de profondeur. Une équipe de marines surentraînés réquisitionne le Deepcore, une titanesque plateforme de
travail en forme de crabe métallique, et ses ouvriers plongeurs afin d’atteindre l’épave. Des tensions naissent aussitôt entre militaires et techniciens, d’autant que le chef du Deepcore, Bud
Brigman, se retrouve contraint de collaborer avec son ex-femme Lindsay.
Ed Harris et Mary-Elizabeth Mastrantonio, respectivement révélés dans Creepshow et Scarface, trouvent là des rôles
magnifiques. Débordant de charisme, ils font reposer une bonne partie de la crédibilité du film sur leurs solides épaules. A bord de submersibles monoplaces ultra-sophistiqués, les plongeurs vont
rejoindre l’épave et tâcher de comprendre ce qui a provoqué le naufrage du sous-marin américain. Mais à la surface, un cyclone d’une puissance inouïe provoque des dégâts considérables et précipite
la plate-forme au fin fond de l’océan, laissant à ses occupants à peine douze heures d’oxygène. Acculés, les naufragés découvrent alors que d’étranges entités vivent dans les profondeurs
abyssales.
La sensation de claustrophobie inhérente au scénario, les tensions humaines exacerbées par l’enfermement et l'héroïsme stimulé par des passions parfois contraires sont magnifiés par la mise en
scène époustouflante de James Cameron, l'un des seuls cinéastes sur cette planète capable de réaliser un tel film, osant une direction d'acteurs sous l'eau avec l’enregistrement des dialogues en
direct ! « C’était un tournage incroyable », se souvient le superviseur d’effets visuels Eric Brevig. « Nous étions immergés dans un immense réservoir pendant trois mois. Nous ne
pouvions pas parler entre nous, nous devions communiquer en écrivant sur des ardoises et nous avons dû affronter d’innombrables problèmes techniques. C’était physiquement très éprouvant, mais on ne
peut ressortir que grandi d’une telle expérience. » (2)
À son service, Cameron s'octroie une multitude d'effets spéciaux très réalistes, effectuant-là un pas majeur dans la création d’images de synthèse avec la séquence désormais mythique du tentacule
aquatique. Abyss aurait pu s'élever au rang de chef d'œuvre s'il ne s'était clôt sur un dénouement absurde et grandiloquent brisant la rigueur dramatique des deux heures précédentes et
témoignant un mauvais goût visuel surprenant. La version longue du film intègre un raz de marée spectaculaire menaçant la population et des images d'actualités diffusées au héros par les êtres
sous-marins. Mais ces rajouts extraient malencontreusement le spectateur du huis clos sur lequel repose le film et n'atténuent pas la sensation de gâchis provoquée par le final.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009
(2) Propos recueillis par votre serviteur en juin 2008
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de James Cameron
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