Mardi 22 juillet 2008
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21:13
de John McTiernan (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Elpidoa Carrilo, Bill Duke, Jesse Ventura, Kevin Peter Hall, Sonny Landham
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La genèse de Predator est assez surprenante. L’idée du film serait née d’une blague absurde : un combat au sommet entre Rocky et E.T. ! Lorsque le concept d’un acteur musclé affrontant un
alien fut pris un peu plus au sérieux, on envisagea une créature difforme, affublée d’un long cou, d’un faciès canin et d’un œil unique, tandis que le projet porta un temps le titre de « Hunter ».
Le film ne prit sa forme définitive qu’avec l’arrivée du réalisateur John McTiernan, des scénaristes Jim et John Thomas, et du concepteur de la créature Stan Winston. Dans un rôle taillé sur
mesure, Arnold Schwarzenegger incarne ici le major Dutch Schaeffer, un homme d'action, un soldat d'élite qui a combattu sous toutes les latitudes, à la tête d'un commando spécialisé dans les
missions à hauts risques.
Lorsque Predator commence, Dutch et ses hommes sont envoyés en Amérique latine pour sauver trois hommes, otages de la guerilla. Largués dans la jungle, ils exécutent leur mission, mais
bientôt ils sentent rôder autour d'eux un ennemi inattendu, une créature invisible, féroce, silencieuse, d'une agilité et d'une puissance terrifiantes, qui entreprend de les détruire un à un. Venu
d'une planète lointaine, ce prédateur a en effet choisi la Terre comme terrain de chasse et le commando comme gibier… Etant donné qu’Arnold Schwarzenegger joue ici un rôle très similaire à celui
qu'il tenait dans Commando, l'auto-dérision en moins, et comme en outre la première partie du film présente de fortes similitudes avec les Rambo qui triomphaient alors sur les écrans,
Predator part d'emblée avec un sérieux handicap : celui du film d'actions guerrières musclé et stéréotypé à outrance.
Mais ce serait oublier que ce bon vieux John McTiernan, un an à peine avant son prodigieux Piège de Cristal, se trouve derrière la caméra. L’efficacité de sa mise en scène repose souvent sur
sa stylisation, notamment lorsqu’il joue sur les reports de mise au point, emploie des éclairages très graphiques, ou utilise les arrières-plans comme supports de suspense, un peu à la manière de
John Carpenter dans Halloween. L'intérêt du film, cependant, n'apparaît réellement qu'avec l'entrée en scène de
l'extra-terrestre, annoncé par un plan prégénérique qui rappelle celui de The Thing (Carpenter toujours). Les capacités
de mimétisme du prédateur nous sont décrites par d’extraordinaires effets visuels signés Boss Film, et la créature elle-même est une grande réussite, malgré des attitudes et des postures souvent
trop humanoïdes.
Son faciès de crustacé et son armure tribale la transformeront illico en icône du cinéma de SF. C’est l’athlétique Kevin Peter Hall qui endosse le costume animatronique de l’extra-terrestre, après
des essais non concluants effectués avec un jeune acteur belge nommé… Jean-Claude Van Damme ! S'il ne peut s'empêcher de glisser dans la bouche de Schwarzenegger quelques répliques gag pour le
moins déplacées (la plus improbable étant sans doute « Aiguise-moi ça » adressé à un ennemi dans le ventre duquel il vient de planter un couteau !), le film évite autant qu’il peut la caricature et
ne se laisse même pas tenter par la conventionnelle love story qu'on sentait pourtant poindre à l'horizon.
Par Gilles Penso
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