Vendredi 25 juillet 2008
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/07
/2008
11:58
de Martin Campbell (Grande-Bretagne / Etats-Unis)
Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Caterina Murino, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini
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Jusqu’alors, les producteurs de la saga James Bond n’avait jamais pu adapter officiellement le roman « Casino Royale », suite à un problème de droits qui fut réglé lors de l’acquisition de la
franchise par Sony. Déjà aux commandes de Goldeneye, Martin Campbell reprend du service et se lance dans un exercice inédit : la « post-préquelle ». Ainsi Casino Royale raconte-t-il
les débuts de l’agent 007 et ses premières missions après l’obtention de son permis de tuer, le tout en 2006. Et puisque nous assistons à la renaissance d’un héros, il était logique de le doter
d’un nouveau visage.
Surprenant, le choix de Daniel Craig est un vrai coup de génie. Ses traits burinés et son corps trapu s’adaptent parfaitement à cet assassin mal dégrossi encore loin de l’espion sûr de lui que nous
connaissons. D’où de savoureuses joutes verbales avec M. « Difficile de faire comprendre ça à un bulldozer, mais l’arrogance et l’introspection ne font pas bon ménage » lui lance-t-elle ainsi après
qu’il soit entré par effraction chez elle. La brutalité de notre homme est apparente dès l’ahurissante séquence d’action qui ouvre les festivités, au cours de laquelle il course un terroriste
incarné par Sébastien Foucan (Yamakazi). L’agilité acrobatique de l’un (qui évite les obstacles en se contorsionnant avec grâce) contraste fortement avec la rudesse de l’autre (qui a plutôt
tendance à défoncer les murs !).
Autre morceau de choix : une poursuite en camion à couper le souffle qui n’est pas loin de nous rappeler celles des Aventuriers
de l’Arche Perdue ou de Mad Max 2. La mission de Bond se précise alors : il doit affronter Le Chiffre (un vilain
suave aux larmes de sang qui rappelle le Christopher Walken de Dangereusement Vôtre) au cours d’une partie de poker dans un casino du Montenegro. Le but de l’opération est de ruiner ce banquier
dont la clientèle est constituée de terroristes internationaux. 007 est épaulé par Vesper Lynd (la sublime Eva Green), qui représente le Trésor Public. Une inévitable idylle se noue entre eux, mais
qu’elles sont loin les James Bond girls affables qui se pâment devant le beau James avant de s’offrir à lui ! Vesper est une femme complexe, entreprenante et peu impressionnable. Lorsque Bond lui
lâche nonchalamment « vous n’êtes pas mon genre », elle se contente de lui rétorquer, le sourire aux lèvres : « intelligente ? »
Le jeu du chat et de la souris s’achève par une histoire d’amour intense comme on n’en avait pas vue depuis Au Service Secret de Sa Majesté. Tout ce que 007 va vivre au cours de cette
mission va peu à peu définir le personnage archétypique auquel vingt films nous ont familiarisé. Nous comprenons dès lors sa méfiance des femmes, son amour pour les voitures de luxe et les
cocktails raffinés, sa prise d’assurance. La métamorphose du héros transparaît à tous les niveaux du film, depuis la redéfinition de la classique scène pré-générique jusqu’à la partition de David
Arnold qui n’aborde jamais frontalement le célèbre James Bond Theme, sauf au moment d’un épilogue très gratifiant. Vivre une nouvelle aventure de l’agent 007 comme si nous le découvrions pour la
première fois : voilà le cadeau que nous offrent là Martin Campbell et ses producteurs.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les James Bond
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