Mardi 29 juillet 2008
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Décidément, les temps sont durs pour les amateurs d'effets spéciaux. Après la disparition de
Stan Winston, nous apprenons la mort de Benoît Lestang, l'un des plus grands spécialistes français des maquillages
spéciaux.
Benoît Lestang était un artiste talentueux doublé d'un homme charmant. Le mois dernier, nous parlions encore de notre passion commune, le cinéma, tandis qu'il exposait brillamment les ficelles de
son métier à la Cinémathèque Française, lors d'une journée consacrée aux trucages et aux effets spéciaux. Il est décédé dimanche 27 juillet suite à une tentative de suicide…
Benoît avait fait ses débuts sur un film d'horreur de Jean Rollin, La Morte-Vivante, avant de concevoir la créature cauchemardesque de
Clash et les zombies féminins de La Revanche des Mortes-Vivantes. En 1990, il concevait les effets du premier film gore français (tout du moins ce fut son titre officiel à
l'époque): Baby Blood d'Alain Robak. A partir de Lunes de Fiel de Roman Polanski, il divisa sa carrière en deux parties bien distinctes: les effets gore pour le cinéma
fantastique, et les effets "invisibles" pour le cinéma d'auteur (vieillissements, blessures, etc…).
Ainsi le trouve-t-on au générique de films aussi divers que La
Cité des Enfants Perdus, N'oublie pas que tu vas mourir, Le Bossu, Quasimodo d'el Paris, Les Blessures Assassines, Le Pacte
des Loups, La Fiancée de Dracula, Amen, Brocéliande (dont il écrivit le scénario), 36 Quai des Orfèvres, Sheitan, Les Brigades du Tigre, Indigènes, Ne le dis à Personne, Le Serpent ou
L'Ennemi Intime. Attiré par la mise en scène, il réalisa également le clip Q.I. pour Mylène Farmer et le court-métrage Protocole 33. Nous pourrons bientôt admirer son
dernier travail sur Martyrs de Pascal Laugier, qu'il nous laisse comme un testament.
Adieu l'ami, sois en paix…
Par Gilles Penso
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