(The Silence of the Lambs)
de Jonathan Demme (Etats-Unis)
avec Jodie Foster, Anthony Hopkins, Scott Glenn, Anthony Heald, Ted Levine, Charles Napier, Diane Baker, Roger Corman
Le romancier Thomas Harris avait inspiré le magistral Sixième Sens de Michael Mann, qui révolutionnait quelque peu le thriller horrifique malgré un échec cuisant au box-office. Prenant la
relève, Jonathan Demme transpose sur grand écran un second roman de l’écrivain, reposant sur les mêmes thématiques, adoptant une structure voisine et donnant à nouveau un rôle clef à Hannibal
Lecter, tueur psychopathe et anthropophage enfermé à vie dans une cellule ultra-sécurisée. Interprété cette fois-ci par Anthony Hopkins, habitué au répertoire classique et aux tragédies
shakespeariennes, « Hannibal le Cannibale » crève l’écran et l’immense succès du Silence des Agneaux lui doit beaucoup.
Face à lui, suite au désistement de Michelle Pfeiffer un peu effrayée par la noirceur du scénario, Jodie Foster incarne Clarice Starling, une jeune stagiaire du FBI chargée par son supérieur Jack
Crawford (l’impérial Scott Glenn) d’enquêter sur les abominables méfaits d’un tueur en série surnommé Buffalo Bill. La particularité de ce dernier, interprété par Ted Levine, est de s’en prendre
aux jeunes filles bien en chair et de les écorcher vives. Pour retrouver sa trace, Clarice va devoir solliciter l’aide de Lecter et son passé de brillant psychiatre. Le redoutable cannibale
accepte, à condition que chaque indice de sa part soit échangé contre des révélations sur la vie privée de Clarice. Bien décidée à faire ses preuves, celle-ci se prête au jeu, et ses confrontations
régulières avec le machiavélique captif vont prendre la tournure d’un éprouvant parcours initiatique, la conduisant progressivement dans les tréfonds de l’horreur.
Le Silence des Agneaux – un titre étrange qui prend tout son sens vers le milieu du film – peut être considéré comme un thriller ou un film policier, dont il possède maintes
caractéristiques, mais il s’agit surtout un film d’épouvante qui recule assez loin les limites de la peur. Il y est question de tueurs psychopathes, de cannibalisme, mais à la différence des
psycho-killers fabriqués à la chaîne ou des séries Z gore italiennes, la mise en scène de Jonathan Demme joue sur la suggestion. Les détails macabres sont rares et furtifs, laissant au spectateur
le soin d’imaginer les éléments les plus atroces, même si de temps à autres des visions choc viennent surgir à l’écran. On se souviendra notamment du cadavre bien amoché d’une des victimes de
Buffalo Bill, du policier éventré dans la position d’un papillon de nuit ou encore du masque de chair, une idée reprise à Massacre à la Tronçonneuse 2.
Si la scène de suspense du climax, d’une redoutable efficacité, repose sur des mécanismes connus, les confrontations entre Jodie Foster et Anthony Hopkins, en revanche, doivent leur pesant
d’angoisse au jeu diablement convaincant des acteurs et à Jonathan Demme qui choisit souvent des cadrages très serrés, à la limite de la profondeur de champ. Issu de la série B et de l’école Roger
Corman – à qui il confie d’ailleurs un petit rôle dans le film – Demme montre ici toute l’étendue de son talent, portant aux nues les techniques expérimentées sur des polars noirs tels que
Dangereuse sous tous Rapports ou Meurtres en Cascade.
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Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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