(The Texas Chainsaw Massacre)
de Marcus Nispel (Etats-Unis)
avec Jessica Biel, Jonathan Tucker, Erica Leerhsen, Mike Vogel, Eric Balfour, Andrew Bryniarski, R. Lee Ermey, David Dorfman


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Michael Bay à la production, un réalisateur de clips derrière la caméra, un casting beau et musclé qu’on croirait issu d’une sitcom… A priori, rien de bon n’était à attendre de ce remake du chef d’œuvre de Tobe Hooper. Et bien au diable les à priori ! Massacre à la Tronçonneuse version 2003 est une formidable réussite, un déferlement d’horreurs et de violence probablement aussi traumatisant pour le spectateur du 21ème siècle que pouvait l’être l’original trente ans plus tôt. La tâche était d’autant plus ardue que le personnage de Leatherface s’est mué en croquemitaine quasi-cartoonesque au fil des séquelles du premier film, et que le slasher lui-même a pris un tour rigolard et bon enfant depuis sa relecture par Wes Craven et ses trois Scream.

Mais la donne a changé ici. L’homme au masque de cuir ne prête absolument pas à rire et ses sanglants méfaits font vraiment froid dans le dos. C’est que Michael Bay et son poulain Marcus Nispel se sont mis en tête d’effectuer un authentique retour aux sources. Ce parti pris s’affirme par un positionnement de l’intrigue en 1974 (avec de fausses images d’actualité d’époque en guise de prologue et d’épilogue), par un casting beaucoup plus solide et convaincant qu’on aurait pu le croire de prime abord, dominé par la toute belle Jessica Biel, et par une ambiance de terreur sourde magnifiée par la photographie de Daniel Pearl, qui signa les images du premier Massacre à la Tronçonneuse. Le scénario met en vedette cinq amis, traversant le Texas en direction du Mexique, et prenant en chemin une auto-stoppeuse étrange qui se suicide sous leurs yeux. Afin de prévenir la police locale, nos infortunés protagonistes se séparent et se heurtent à des autochtones pour le moins inquiétants. En particulier un shérif sadique et psychopathe, et un Leatherface plus déchaîné que jamais.

Ancré dans une atmosphère très seventies (avec en prime le bon vieux van à la Scoo-Bee-Doo et l’inusable tube « Sweet Home California » des Lynard Skynard), le film choisit de respecter scrupuleusement tous les éléments du récit original, en modifiant cependant leur agencement et parfois leur nature, histoire de réserver quelques surprises à ceux qui connaissent déjà le classique de Tobe Hooper. Il ne s’agissait tout de même pas de réitérer l’erreur du Psycho de Gus Van Sant, qui péchait par excès de fidélité. Même Marcus Nispel prend fidèlement la relève du réalisateur de Poltergeist.

Car à part quelques facéties visuelles qu’on croirait issues du cerveau fertile d’un Sam Raimi, comme la caméra traversant la tête trouée d’une suicidée, la mise en scène du jeune clipeur trouve son efficacité dans la sobriété de ses effets. Ce qui ne l’empêche pas d’être ciselée au millimètre près. Parmi les moments les plus marquants de ce remake, on se souviendra notamment de la course-poursuite au milieu des linges tendus, fort stressante, et surtout la fameuse séquence du crochet à viande, atrocement interminable. Du coup, ce nouveau Massacre à la Tronçonneuse fait vraiment peur, et même si sa fin ouverte laisse imaginer une juteuse séquelle en cas de succès, il aura su échapper aux travers du film d’horreur à la chaîne.

© Gilles Penso

Thema:
Cannibales, Tueurs

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