Lundi 1 septembre 2008
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de Xavier Palud et David Moreau (France)
Avec Olivia Bonamy, Michaël Cohen, Maria Roman
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Le DVD est disponible
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C’est sur le plateau de la sitcom H que Xavier Palud et David Moreau, deux courts-métragistes indépendants, se rencontrent et décident de réaliser de concert leur premier long. Pour mettre
en commun leur passion du cinéma de genre et trouver un sujet compatible avec le petit budget à leur disposition, ils se tournent naturellement vers le film d’horreur. Mais si Ils se rattache sans
conteste aux codes du genre, à mi-chemin entre le slasher et le survival, il tire son originalité et son impact d’un traitement le plus réaliste possible. Le film se situe en Roumanie, et dès le
prologue, l’inquiétude s’immisce chez le spectateur.
Sur une route nocturne, une automobiliste et sa fille en pleine dispute sont interrompues par une panne en rase campagne. Alors que la mère soulève le capot pour comprendre l’origine de l’avarie et
que l’adolescente attend patiemment sur le siège passager, l’angoisse commence à monter. Des bruits étranges se font entendre, des mouvements sont perceptibles dans les buissons, et la mère finit
par disparaître. Paniquée, la jeune fille essaie de comprendre, tournant autour du véhicule en vain. Tandis que quelqu’un – ou quelque chose – fonce dans sa direction, elle pousse un hurlement qui
déchire le silence. En quelques minutes, Palud et Moreau démontrent un indéniable savoir-faire assorti à une remarquable économie de moyens.
Les protagonistes font alors leur apparition : Clémentine (Olivia Bonamy, ô combien plus convaincante que dans la pantalonnade Bloody Mallory), professeur de français expatriée à Bucarest,
et Lucas (Michaël Cohen, vu dans La Petite Jérusalem et Le Héros de la Famille), un romancier qui s’est installé avec elle dans une maison isolée à l’écart de l’agglomération. Tous
deux vivent un bonheur tranquille, mais les choses ne vont pas tarder à dégénérer. Car au milieu de la nuit, après un coup de téléphone anonyme, des bruits étranges semblent venir du dehors. Puis
le courant est brusquement coupé à l’intérieur, tandis que la voiture du couple disparaît sans laisser de trace. Bientôt, il devient clair que des intrus ont réussi à pénétrer dans la maison.
Combien sont-ils ? Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Seules certitudes : ils sont très rapides et particulièrement violents. A partir de ce postulat simple, le huis clos se referme sur le couple
comme un étouffant cauchemar et dès lors la tension ne cessera plus jusqu’au générique de fin.
L’efficacité de Ils tient à peut de choses, mais elles sont essentielles : la sobriété du jeu d’Olivia Bonamy et Michaël Cohen, la minutie d’une mise en scène évitant tout effet de style trop
voyant, et le choix d’éviter jusqu’au bout de montrer la menace sous on vrai visage pour que l’imagination du spectateur fonctionne à plein régime. Du coup, la terreur est ici plus psychologique
que physique, et la force du film en est automatiquement accrue. L’intrigue s’inspire directement du fait divers inquiétant qui frappa un couple de Hollandais en Tchécoslovaquie, et exploite une
peur classique et universelle : l’intrusion d’inconnus menaçants dans sa propre maison. D’où l’imparable slogan : « Vous ne vous sentirez plus en sécurité chez vous ». La révélation des agresseurs
est d’autant plus surprenante qu’elle est désespérément dérisoire, achevant ce parcours du combattant sur une note très peu rassurante.
Par Gilles Penso
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