Jeudi 4 septembre 2008
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(2001 : A Space Odyssey)
de Stanley Kubrick (Etats-Unis / Grande-Bretagne)
avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Silvester, Leonard Rossiter, Robert Beatty
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La genèse de 2001 l’Odyssée de l’Espace remonte à 1948, année où le romancier Arthur C. Clarke publia la nouvelle « La Sentinelle » dans le recueil « Avant l’Eden ». Des hommes y
découvraient sur la lune une pyramide bâtie par une intelligence extra-terrestre supérieure. Diplômé en physique et en mathématiques, Clarke eut la particularité d’approcher ses récits de
science-fiction sous un angle ultra-réaliste, s’érigeant dès lors comme un des piliers du courant littéraire « hard science ». C’est ce qui séduisit le cinéaste Stanley Kubrick, bien décidé après
son satirique Docteur Folamour, à porter à l’écran cette aventure métaphysique. Il y parvint avec le concours de Douglas Trumbull, génie des effets spéciaux alors spécialisé dans la
reconstitution de scènes spatiales pour la NASA. Après avoir rédigé le scénario du long-métrage avec Kubrick, Clarke profita des longs préparatifs techniques précédant le tournage pour en tirer un
roman.
Tout commence en pleine préhistoire, au cours d’un prologue mettant en scène d’impressionnants hommes primitifs conçus par le maquilleur Stuart Freeborn. « C’est incontestablement le film dont
je suis le plus fier », nous avouait ce dernier. « C’était un travail monstre, et d’une complexité inégalée à l’époque. Il y avait 35 costumes à réaliser ! » « Dans le scénario, les
personnages étaient des hommes de Néanderthal. Si on voulait rester réaliste, cela aurait donné des hommes velus, nus, avec un visage plutôt simiesque. Kubrick m’a donc demandé de reculer dans le
temps de plusieurs milliers d’années pour créer des êtres qui soient mi-hommes, mi-singes. » (1) Ces anthropoïdes découvrent un matin un étrange monolithe, qui agit tel un éveilleur de
conscience. Le temps d’une ellipse qui a marqué l’histoire du cinéma, où un os lancé en l’air se mue en vaisseau spatial, nous voilà plongés à l’aube du 21ème siècle. Les hommes ont désormais
établi des colonies à la surface de la lune, où surgit un nouveau monolithe. Dès que les rayons du soleil l’effleurent, un son strident retentit et des signaux sont émis en direction de Jupiter. On
y envoie le vaisseau Discovery en reconnaissance. C’est là qu’intervient l’inoubliable ordinateur Hal 9000, tellement intelligent qu’il met en péril ses compagnons humains…
Les chiffres de 2001 laissent rêveur : un budget de dix millions et demi de dollars, deux ans de préparation et deux ans de tournage, dont dix-neuf mois consacrés aux effets spéciaux. Ces
derniers offrent aux spectateurs les images spatiales les plus réalistes jamais portées à l’écran, quelques mois à peine avant les vrais premiers pas de l’homme sur la Lune. Personne n’oubliera la
« valse » spatiale de la station orbitale aux accents du « Beau Danube Bleu » de Johann Strauss, les évolutions du vaisseau Discovery dans le vide sidéral ou le voyage psychédélique final
abolissant toute notion d’espace et de temps. « Au-delà d’un film, c’est à mes yeux un véritable message de spiritualité », nous déclarait l’auteur Bernard Werber. « J’attends d’un
film qu’il m’ouvre des portes, qu’il m’incite à me poser des questions et qu’il me fasse grandir. 2001 est le film qui m’a réveillé. » (2)
(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 1996
(2) Propos recueillis par votre serviteur en mars 2007
Par Gilles Penso
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