Lundi 8 septembre 2008
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20:29
d’Alex Proyas (Etats-Unis)
Avec Rufus Sewell, Kiefer Sutherland, Jennifer Connelly, Richard O’Brien, Ian Richardson, William Hurt, Bruce Spence, Colin Friels
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Le DVD est disponible
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On connaissait les talents d’esthète d’Alex Proyas, grâce aux très photogéniques images de The Crow, mais il a fallu
attendre Dark City pour découvrir ses merveilleux dons de conteur d’histoire. Car cet étonnant essai de science-fiction combine une direction artistique prodigieuse et un scénario en tous
points remarquable. La cité sombre qui donne son titre au film est une ville rétro-futuriste héritée de Blade Runner et
de Batman, plongée dans une nuit permanente et dans une routine tranquille à laquelle s’adonnent tous ses habitants.
Jusqu’au jour où l’un d’entre eux, John Murdoch, découvre malgré lui une faille dans cette mécanique trop bien huilée. Tous les soirs, à minuit, la population entière s’endort, et d‘étranges
individus au crâne rasé et au long manteau noir pratiquent ce qu’ils nomment le « tuning» : les buildings se modifient, l’architecture complète de la ville se transforme, et chaque habitant change
de personnalité, de métier, de statut social et de mémoire. Au réveil, la cité redémarre en intégrant sans s’en apercevoir tous ces changements.…
Sorti sur les écrans américains un an avant Matrix, Dark City présente avec le film des frères Wachowski de bien
troublantes similitudes : le récit d’un « élu » découvrant que le monde dans lequel il vit n’est qu’une illusion savamment entretenue par des entités supérieures et développant des pouvoirs
paranormaux, une photographie contrastée accentuant volontiers la part sombre de l’image, une esthétique art-déco empruntant de nombreux éléments graphiques aux années 30, moult séquences d’action
situées sur les toits de la ville… On n’en finirait plus de citer les points communs entre les deux métrages, et l’on ne peut s’empêcher de préférer « l’original » à « la copie », même si Dark
City est une œuvre à priori plus hermétique que le clinquant Matrix. Mais passées les premières minutes confuses du
récit, tout se met en place avec beaucoup d’efficacité, et la fascination engendrée par l’aventure de John Murdoch et ses proches n’en finit plus de croître.
Dark City bénéficie d’un casting de premier choix, avec en tête le très étonnant Rufus Sewell en « élu » malgré lui, la délicieuse Jennifer Connelly en fiancée amnésique, l’extraordinaire
Kiefer Sutherland en médecin traître et boiteux (à des années lumière du Jack Bauer de la série 24 Heures Chrono qui allait donner un second souffle à sa carrière), et l’excellent William
Hurt en policier mélancolique. A leurs côtés surgissent régulièrement d’inquiétants extra-terrestres, croisement contre-nature entre les cénobites d’Helllraiser et les cyclopes de La Cité des Enfants
Perdus, qui passent leurs journées à étudier l’être humain, via de fort étranges expériences, afin de percer le secret de son âme. D’où le « tuning », servi par des effets spéciaux
hallucinants, notamment lors d’une course-poursuite sur des toits en perpétuelle métamorphose. A l’issue d’une intrigue alambiquée et haletante, les aliens tirant les ficelles sont bien obligés de
se rendre à l’évidence : les mécanismes de l’âme ne résident pas dans le cerveau des hommes mais dans leur cœur. Dark City s’achève ainsi sur une note poétique et rafraîchissante, un bol
d’air bienvenu après tant de claustrophobie et de vertige.
Par Gilles Penso
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