Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 10:46
de Christophe Gans (France/Canada)
Avec Radha Mitchell, Sean Bean, Laurie Holden, Deborah Kara Unger, Jodelle Ferland, Tanya Allen, Kim Coates, Alice Krige


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Le DVD est disponible ici

Alors qu’il finalisait Le Pacte des Loups, Christophe Gans annonçait maints projets fort alléchants, dont les moindres n’étaient pas des adaptations de « 20 000 Lieues sous les Mers » ou de la bande dessinée « Rahan ». Face à la difficulté liée au montage financier de tels films, il se rabattit sur la transposition sur grand écran du jeu culte « Silent Hill », qui présentait le double intérêt de proposer un univers horrifique original et de s’éloigner du traditionnel schéma « shoot’em up ». Epaulé par le scénariste Roger Avary, le cinéaste s’est efforcé de rester le plus fidèle possible au jeu de Konami, avec toutefois une entorse importante : le changement de sexe du personnage principal.

L’héroïne de Silent Hill est Rose Da Silva, une jeune mère désemparée face aux crises de somnambulisme de plus en plus fréquentes de sa fille adoptive Sharon, évoquant dans son sommeil la ville abandonnée de Silent Hill. Décidée à comprendre le mal dont souffre son enfant, Rose passe outre l’avis de son époux Christopher et emmène Sharon dans la ville en question. La bourgade est à l’abandon depuis des années, une pluie de cendres y flotte perpétuellement… et soudain Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite et découvre un univers terrifiant dans lequel, dès que paraissent les ténèbres, surgissent d’abominables créatures qui semblent liées à une ancestrale malédiction.

Œuvre résolument plus mature que Crying Freeman et Le Pacte des Loups, Silent Hill n’a rien du patchwork de références cinéphiliques et s’inscrit dans un univers cohérent et maîtrisé. Il faut reconnaître que Gans parvient à construire une atmosphère des plus étranges, plongeant à plusieurs reprises dans un surréalisme total que ne peut décemment renier le créateur du jeu, Akira Yamaoka, lui-même très inspiré par Francis Bacon. Visuellement, le film est donc une indéniable réussite, mais le réalisateur se laisse plusieurs fois piéger par sa propre virtuosité, la recherche picturale l’emportant trop souvent sur l’émotion. Témoin cette séquence où Rose, croyant enfin retrouver sa fillette, avance lentement vers elle. Au lieu de s’approcher des visages pour créer un lien intime et renforcer l’empathie, la caméra se met à virevolter loin des personnages, avec beaucoup de grâce, certes, mais sans la moindre justification.

L’autre travers du film est la nature excessive des manifestations surnaturelles qu’il met en scène. Le public est prêt à s’effrayer face à une dizaine de gros cafards rampant sur les héros. Mais des centaines de milliers de cancrelats grands comme des chats sont trop peu réalistes pour convaincre. Du coup, lorsque l’horreur est plus tangible, elle fonctionne mieux. Notamment lorsque « Pyramide Rouge » menace de transpercer les protagonistes à l’aide d’une lame colossale, ou lorsqu’apparaît sur le bord de la route un épouvantable homme difforme qui semble prisonnier de son propre corps. Dommage que l’une des plus belles idées du scénario – la co-existence simultanée de quatre mondes parallèles dans le même espace – ne soit qu’évasivement évoquée par le scénario. Restent quelques très belles séquences, et une poignée d’effets gore nous rappelant que Christophe Gans côtoya jadis Brian Yuzna à l’occasion de Necronomicon.

© Gilles Penso

Thema : Diables et Démons
Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Commentaires

J'avais été emballée par ce film a sa sortie , faut dire que je suis une accro des jeux vidéos dont s'inspire le bébé de Gans ... Avec le recul et au fil des revisionnages , je me rends compte a quel point cet univers doit sembler abscons pour quelqu'un qui n'a pas joué aux jeux fabuleusement prenants de Konami qui contrairement a un Resident Evil qui mise tout sur le gore , joue sur l'ambiance et le sentiment oppressant et OMNIPRESENT que quelque chose va surgir du brouillard pour venir tuer le perso que l'on incarne sans oublier certains passages sacréments malsains et des conclusions surprenantes qui ont plié plus d'un joueur ( j'ai du arrêter de jouer a Silent Hill deux un soir pluvieux tellement Red Pyramid me faisait flipper, la manette en mode vibreur accentuant encore plus le stress :p ) ... La fan des jeux que je suis a bien entendu été CLOUEE sur place en entendant réconner les premiéres notes de cet opening ô combien famillier , entendre la siréne qui annonce le basculement d'un monde a l'autre m'a collé la chair de poule , idem avec les apparitions de cet enfoiré de géant a la tête cachée sous une coque de métal , quel plaisir de voir Cybill Benett prendre vie sans oublier ce plan fabuleux copié / collé sur le silent hill un quand la caméra qui suit rose semble s'envoler pour la dominer comme si quelque chose la guettait d'en haut ( ce passage la ds le jeu m'avait fait vraiment frémir -_- )... J'ai également été horrifiée par le sort réservé a Alessa ( et ce même si j'avais vu pire dans le jeu -_- ) , la scéne est dérangeante et malsaine au possible ... BREF je m'emballe MAIS le film reste quand même sacrément décevant , les dialogues sont d'une faiblesse rare , j'ai rarement entendu autant de phrases creuses et inutiles ( ha si, dans les resident evil avec milla truc , cherchez l'erreur .... ) , les personnages de Chris et du flic cynique alourdissent inutilement le rythme du film et Gans semblant se rappeller en fin de bobine que Silent Hill est un univers sanglant se déchaine dans un final Urotsukidojiesque avec déflorage trash :p M'enfin bon j'vais pas cracher dans la soupe, j'ai adoré ce film a sa sortie et même si j'ai rouvert les yeux depuis ,je remercie Gans d'avoir fait planer a 15000 la vieille dame que je suis en découvrant le ballet étrange des infirmiéres ... Désolée pour le pavé , le sujet silent hill ( jeu / film ) me rend toujours trés bavarde ..
Commentaire n°1 posté par Gally le 10/09/2008 à 16h18
Je n'étais pas joueur mais le film m'a autant emballé que déçu : graphiquement il est remarquable, il sait traduire une ambiance glauque, poisseuse et "angoissogène". Certains personnages sont bien choisis, comme la femme-flic. Mais son rythme lent, ses dialogues creux et une sorte de complaisance trop facile peinent à convaincre. Et puis, il n'arrive pas à (me) faire peur, ce qui est le plus décevant. En revanche, je suis très sensible à cette fin splendide.
Commentaire n°2 posté par Vance le 24/09/2008 à 13h32
Je tombe sur cet article par hasard. Assez déçue moi aussi, après deux visions du film : une sans connaître le jeu, puis une autre plus tard après y avoir joué et être devenue une grande fan de la série. Déçue essentiellement par un scénario bancal qui aligne les séquences choc sans grande cohérence, et par les personnages trop fades, même si le film est plastiquement superbe.

Je voulais surtout réagir pour dire qu'à mon sens, ce film n'est pas "le plus fidèle possible au jeu" : il en garde quelques scènes clé et quelques éléments disparates qu'il s'efforce tant bien que mal de recoller entre eux, mais en modifiant totalement l'histoire qui les reliait au départ, et en les privant de la portée symbolique qui faisait leur force dans le jeu. La plus grosse entorse, pour moi, n'est pas le changement de sexe du personnage mais la modification profonde de l'histoire d'Alessa Gillespie, qui est pourtant l'élément central de toute la mythologie de Silent Hill. Ce qui était dans le jeu une tragédie à l'ampleur quasi mythique ne devient ici guère plus qu'un fait divers, dont on ne comprend pas bien le rapport avec l'histoire de la ville. Dommage, car le scénario du jeu était assez riche et complexe pour pouvoir donner un très beau film sans qu'il soit nécessaire de s'en écarter autant. Le jeu était cent fois plus terrifiant et plus poignant que le film ne parvient jamais à l'être, et ses personnages avaient paradoxalement beaucoup plus de chair.
Commentaire n°3 posté par Mélanie le 05/10/2011 à 20h55

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