(The Towering Inferno)
de John Guillermin (Etats-Unis)
avec Paul Newman, Steve McQueen, William Holden, Fred Astaire, Faye Dunaway, Richard Chamberlain, Robert Vaughn


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Irwin Allen ayant connu un franc succès en produisant L’Aventure du Poséidon, il réitéra l’expérience deux ans plus tard avec cette Tour Infernale qui le propulsa à nouveau au sommet du box-office. Cette fois-ci, c’est le vétéran John Guillermin qui est aux commandes, et le casting s’avère encore plus impressionnant que dans le film de Ronald Neame, réunissant rien moins que Paul Newman, Steve McQueen, Fred Astaire, Faye Dunaway, Richard Chamberlain, Robert Vaughn, Robert Wagner, O.J. Simpson, bref rien que du beau monde. Inspiré par les romans « La Tour » de Richard Martin Stern et « L’Enfer de Verre » de Thomas N. Scortia et Frank M. Robinson, La Tour Infernale semble à la fois conçu comme une ode au courage des pompiers (à qui le film est d’ailleurs dédié) et au savoir-faire des techniciens d’effets spéciaux.

Après de longues vacances, l’architecte Doug Roberts (Newman) vient assister à l’inauguration de « la Tour de Verre » un building de 138 étages qui a été bâti en plein San Francisco selon ses plans, sous le giron de l’empire financier Duncan Enterprises, et qui s’avère être rien moins que le plus grand gratte-ciel du monde. L’immense bâtiment est quasiment terminé, et la fête bat son plein, réunissant tous les VIP de la ville. Assez rapidement, Roberts constate que l’installation électrique de la tour ne respecte pas les normes qu’il avait indiquées, d’où un certain nombre de courts-circuits fâcheux. Bientôt, un incendie se déclare dans un des locaux techniques et gagne peu à peu tous les étages, menaçant les trois cents invités incapables de s’échapper de cette colossale tour muée en funeste prison de verre. Tandis que Roberts s’efforce de lutter contre le feu à l’intérieur du bâtiment, le chef des pompiers de la ville Michael O’Halloran (McQueen) et son bataillon entament une homérique bataille contre le brasier croissant.

Avec La Tour Infernale, John Guillermin signe probablement son meilleur film, aidé par le charisme de ses deux têtes d’affiche, par les maquettes extraordinaires de L.B. Abbott, les impressionnants effets pyrotechniques d’A.D. Flowers et les spectaculaires cascades réglées par Paul Stader. Nouvelle variante autour du Titanic, la Tour de Verre se positionne ici comme un symbole évident de l’orgueil déplacé d’hommes trop fiers de leur entreprise pour en mesurer les dangereuses conséquences, comme en témoigne la savoureuse joute verbale qui oppose Paul Newman et Steve McQueen, physiquement réunis pour la première et dernière fois au cours du dénouement du film.

Le choix de situer l’action dans le plus grand building du monde permet par ailleurs de décliner cette thématique sous deux autres formes, l’une liée à la puissance sexuelle (le gratte-ciel est un indéniable symbole phallique), l’autre au défi de Dieu par l’homme (la Tour de Verre équivalant à une nouvelle Tour de Babel). Fort de cette symbolique chargée et de ses multiples qualités formelles, La Tour Infernale s’est imposé comme le mètre-étalon toutes époques confondues du film catastrophe, plus encore que L’Aventure du Poséidon, et l’impact de ses séquences mouvementées résonne ouvertement dans des œuvres telles que Piège de Cristal ou Backdraft.


© Gilles Penso

Thema: Catastrophes

Tag(s) : #FILMS