(Time Machine)
de Simon Wells (Etats-Unis)
avec Guy Pearce, Mark Addy, Phyllida Law, Samantha Mumba, Jeremy Irons, Orlando Jones, Omero Mumba, Sienna Guillory
Jusqu’alors, Simon Wells n’avait œuvré qu’en tant qu’animateur sur un certain nombre de dessins animés produits par Steven Spielberg, notamment Fievel au Far West, Les Quatre Dinosaures ou
Le Prince d’Egypte. Sa propulsion au rang de metteur en scène d’une superproduction Dreamworks/Warner est probablement due à un argument marketing infaillible : il s’agit de l’arrière
petit-fils d’Herbert George Wells ! Voilà qui donne tout de suite de la crédibilité à une nouvelle adaptation du célèbre roman « La Machine à explorer le temps ». Le récit prend place à New York en
1899. Alexander Hartdegen (Guy Pearce), brillant physicien de l'Université de Columbia, déclare sa flamme à Emma un soir à Central Park. Mais un voleur s’interpose et tente de dérober la bague de
fiançailles, abatant la belle d’un coup de feu. Désemparé, Alexander consacre les quatre années qui suivent à bâtir une machine à explorer le temps. Il parvient ainsi à remonter le cours des
événements et emmène Emma en pleine ville, loin du parc. Mais elle succombe à nouveau, cette fois-ci renversée par une voiture à vapeur.
Du coup, le propos du scénario s’inscrit sous une optique fataliste : même si on change le cours du temps, on ne peut pas modifier les destinées humaines. Cette première partie de film, assez
éloignée de la version de 1960, a l’avantage de nous surprendre et surtout de donner au héros une forte motivation pour accélérer ses travaux. Après la seconde mort d’Emma, le savant laisse tout en
plan pour s’aventurer dans le futur, afin de découvrir le moyen de changer le passé. Nous avons dès lors droit à un remake fidèle du voyage dans le temps tel que l’avait tourné George Pal : les
fleurs grossissent dans la serre, les insectes se déplacent à toute allure, les mannequins de mode changent de vêtements, les bâtiments se construisent. Profitant des avancées technologiques, Simon
Wells se permet d’aller plus loin que son prédécesseur, montrant le ciel traversé d’avions surpersoniques et l’espace sillonné par des satellites et des navettes, le tout dans un plan séquence
numérique fort efficace.
Lorsqu’Alexander fait une halte en 2030, il découvre une cité utopique à la Wells. Les touristes vont sur la lune, les institutrices menacent de reséquencer l’ADN des enfants dissipés, et un
hologramme interprété par Orlando Jones hante la grande bibliothèque. Sept ans plus tard, la terre est secouée par un cataclysme colossal. Alexander a tout juste le temps de regagner sa machine et
traverse les âges jusqu’au 16 juillet 802 701. A partir de là, le film perd un à un ses derniers lambeaux de crédibilité. Les pacifiques Elois sont des troglodytes vivant à flanc de falaise (via
d’improbables matte paintings), leurs prédateurs les Morlocks arborent des faciès animatroniques quelque peu grotesques, et le grand méchant, incarné par Jeremy Irons, est un hybride pas crédible
pour un sou. Le film s’achève donc un peu n’importe comment, et ce malgré un poétique épilogue servi par une très belle idée visuelle. Comme on pouvait le craindre, ce remake pâlit sérieusement de
la comparaison avec son aîné, qui exhalait bien plus de charme et de personnalité.
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Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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