(Thunderball)
De Terence Young (Grande-Bretagne)
Avec Sean Connery, Claudine Auger, Adolfo Celi, Luciana Paluzzi, Martine Beswick, Rik Van Nutter, Bernard Lee, Lois Maxwell


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Opération Tonnerre faillit ne jamais voir le jour, à cause d’une bataille juridique opposant Ian Fleming et Kevin McClory, réclamant sa part de droits sur une histoire dont il serait co-auteur. Après un arrangement à l’amiable et l’accès de McClory au poste de producteur, le quatrième James Bond amorça son tournage début 1965. Toujours aussi élégant, froid et imperturbable, Sean Connery commence très fort au cours d’une séquence d’introduction tournée au château d’Anet, non loin de Paris. Après avoir assommé une fausse veuve, il échappe à des tueurs  grâce à un réacteur dorsal qui lui permet de s’envoler dans les airs. Prototype réel de l’armée américaine, cette fusée personnelle nous gratifie d’une des séquences d’action les plus incroyables de la série tout entière, Bond (doublé par le cascadeur Bill Suitor) se propulsant à quelque deux cent mètres d’altitude avant que ne retentisse le générique de début entonné avec emphase par Tom Jones sur une partition puissante de John Barry.

Ici, l’ennemi de 007 est le sinistre Emilio Largo (Adolfo Celi), qui, pour le compte du S.P.E.C.T.R.E., compte profiter des manœuvres de l’OTAN afin de détourner un bombardier en remplaçant son pilote par l’un de leurs agents. L’avion transporte deux bombes atomiques qui serviront ensuite à obtenir une rançon de la Grande-Bretagne en menaçant de faire sauter l’une des principales villes de l’Occident. Opération Tonnerre se passe beaucoup sous l’eau, ce qui permet un très spectaculaire affrontement entre hommes-grenouilles au cours du final, mais qui a aussi le désavantage de ralentir sérieusement le rythme du film, malgré les efforts du réalisateur Terence Young pour que l’action demeure soutenue d’un bout à l’autre du métrage.

D’où le retour de la fameuse Aston Martin DB5, qui révèle ici un nouveau gadget : le canon à eau savonneuse, très efficace pour envoyer dans le décor d’indésirables poursuivants. John Stears, le superviseur des effets spéciaux, fut cette fois-ci récompensé par l’Oscar des effets visuels pour ses trouvailles ingénieuses. Une fois n’est pas coutume, c’est une femme (l’envoûtante Luciana Paluzzi dans la peau de la tueuse à gage Fiona Volpe) qui vole la vedette au méchant et à la pourtant délicieuse Claudine Auger, ancienne Miss France incarnant ici Domino Derval, la morose et sculpturale maîtresse de Largo. Fiona Volpe n’a d’ailleurs pas à rougir face aux gadgets de 007, au vu de sa redoutable moto équipée de lance-roquettes particulièrement destructeurs.

Fait suffisamment rare pour être signalé : Martine Beswick, qui jouait l’une des deux gitanes belliqueuses de Bons Baisers de Russie, revient ici dans le rôle très différent de Paula Caplan, sublime agent de liaison de Bond aux Bahamas. Opération Tonnerre bénéficia d’une incroyable publicité puisqu’au moment de sa sortie, l’OTAN perdit vraiment en mer un bombardier chargé de bombes atomiques ! Le film demeura jusqu’à Moonraker le plus gros succès de la série (142 millions de dollars de recettes mondiales), traînant dans son sillage un nombre incalculable de produits dérivés – ce qui n’était pas chose commune à l’époque – ainsi que moult imitations sur le grand et le petit écran.


© Gilles Penso

Thema: Espionnage et Science-Fiction

Tag(s) : #FILMS