Jeudi 16 octobre 2008
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16
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/2008
15:27
(Live and Let Die)
De Guy Hamilton (Grande-Bretagne)
Avec Roger Moore, Yaphet Kotto, Jane Seymour, Clifton James, Julius Harris, David Hedison, Geoffrey Holder
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Après Les Diamants sont Eternels, c'est Roger Moore qui remplace officiellement Sean Connery dans le rôle laissé vacant
de l'agent 007. Très à l'aise, ce dernier campe un James Bond décontracté et plein d'humour, à mi-chemin entre Brett Sinclair (Amicalement Votre) et Simon Templar (Le Saint). Au fil
des épisodes suivants, Moore saura effacer peu à peu les empreintes de ses héros précédents pour se construire un personnage à part entière. L'intrigue de Vivre et Laisser Mourir flirte avec
le vaudou, ce qui imprègne le film d'un climat fantastique inhabituel pour la série. Dès la scène pré-générique, trois agents secrets sont tués en l’espace de 24 heures. Bond doit découvrir si ces
trois meurtres ont un rapport entre eux.
Ses recherches le mènent d'abord à Harlem, en compagnie de son ami Felix Leiter de la CIA (David Hedison, ex-Mouche
Noire), où il est kidnappé par le mystérieux Mister Big, à qui Ian Fleming prêtait des propos pleins d’emphase : « Je suis par nature et par goût un loup, et je vis suivant la loi des
loups. Naturellement, le troupeau n’a qu’un mot pour qualifier un tel homme. Le mot “criminel” ». Captif, Bond fait la connaissance de Blanche Solitaire, experte en tarot et douée de pouvoirs
divinatoires (la délicieuse Jane Seymour). L’une des idées amusantes du scénario est que Solitaire, lorsqu’elle exulte enfin dans les bras décidément irrésistibles du beau James, perd à la fois sa
virginité et tous ses dons de voyance, redevenant alors simple mortelle. Une fois que 007 a réussi à échapper aux griffes de Mister Big, il se rend à l'île de San Monique où le docteur Kananga
(Yaphet Kotto, future victime d’Alien) cultive des champs entiers de pavots sous des filets de camouflage.
Finalement, notre héros débarque à la Nouvelle-Orléans où se fabrique l'héroïne. Mister Big et le docteur Kananga s’avèrent n’être qu’une seule et même personne, laquelle a l'intention de
distribuer gratuitement deux tonnes d'héroïne pour obtenir le contrôle du marché américain. Le film bascule alors dans les excès les plus outranciers, nos deux héros étant attachés à un mécanisme
qui les engloutit progressivement dans un bassin plein de requins (une idée qui resservira dans Austin Powers), puis
Solitaire étant carrément promise à un sacrifice vaudou avec sorcier maléfique, danses tribales et serpents venimeux. Au cours du climax, le méchant avale une capsule d’air comprimé et finit par
gonfler comme un ballon avant d’exploser !
Même s'il est doté de scènes d'actions franchement réussies (la cavalcade à bord de l'autobus à impériale, la confrontation avec les alligators, le saut en deltaplane, la poursuite en hors-bord
dans les canaux de la Louisiane), Vivre et Laisser Mourir n'est pas toujours très convaincant et ressemble presque à un essai, comme s’il s’agissait d’une première tentative pour donner un
nouveau souffle à la série. D’où notamment le remplacement provisoire du compositeur John Barry par George Martin, célèbre producteur des Beatles (c'est d'ailleurs Paul McCartney qui a signé la
chanson du générique), dont la partition se réfère directement au style musical funky de la blaxploitation des années 70.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les James Bond
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