(The Man with the Golden Gun)
de Guy Hamilton (Grande-Bretagne)
Avec Roger Moore, Christopher Lee, Britt Ekland, Hervé Villechaize, Maud Adams, Richard Loo, Soon-Taik Oh


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James Bond contre Dracula ! C’est en ces termes que les cinéphiles entendirent parler de L’Homme au Pistolet d’Or, dans la mesure où Roger Moore affronte ici un tueur redoutable incarné par l’immense Christopher Lee. Pour la petite histoire, Lee était un cousin éloigné d’Ian Fleming et s’était vu proposer en 1962 le rôle du Docteur No, qu’il refusa poliment au grand dam de l’écrivain. Inspiré du roman homonyme publié en 1965, L’Homme au Pistolet d’Or lance James Bond à la recherche du Sol-X Agitateur, un appareil miniaturisé capable de transformer l’énergie du soleil en électricité. Or ce dispositif très convoité est tombé entre les mains de Francisco Scaramanga, qu’incarne avec beaucoup de délectation l’ex-vampire de la Hammer.

Installé sur une île dans laquelle il a fait bâtir un labyrinthe truffé de pièges, cet assassin professionnel grave sur une balle en or le nom de ses futures victimes. Or James Bond en a reçu une marquée de son patronyme. Un duel à mort se prépare donc entre les deux hommes, mais ce point de départ prometteur et l’alléchant casting ne sauvent guère le film du naufrage. Car autant l’avouer, L’Homme au Pistolet d’Or est probablement le plus anecdotique de tous les épisodes de la série. Scénario évasif, mise en scène pataude, humour au ras des pâquerettes, personnages secondaires transparents, rien ne sauve l’entreprise. Même les séquences d’action les plus intéressantes, marque de fabrique de la franchise, sont sabrées par un désamorçage cartoonesque du plus mauvais goût.

Le meilleur exemple est probablement l’hallucinante cascade automobile réalisée par Jay Milligan, au cours de laquelle une AMC Hornet saute au-dessus d’un pont détruit, effectue un tour sur elle-même, puis retombe sans encombre sur ses roues. En l’état, la scène est d’une efficacité indéniable. Mais l’ajout ridicule d’un effet sonore à la Tex Avery annihile définitivement son impact. Sans compter la présence insupportable du shérif J.W. Pepper (Clifton James), un faire-valoir « comique » que les scénaristes nous avaient déjà infligé dans Vivre et Laisser Mourir. Et que dire de ce passage carrément embarrassant au cours duquel Bond est sauvé par deux jeunes filles karatékas qui mettent une raclée à des hommes de main agressifs ?

Au cours de sa mission, Bond est épaulé par Mary Goodnight (Britt Ekland, inoubliable dans The Wicker Man), une jeune espionne agréable à regarder lorsqu’elle arbore un minuscule maillot deux pièces, mais empotée et maladroite au-delà de toute vraisemblance. La cour de Scaramanga s’avère plus intéressante, constituée principalement du nain Trik-Trak (Hervé Villechaize, héros de la série L’île Fantastique) et de la belle Andrea Anders (Maud Adams, future interprète d’Octopussy). Quelques gadgets étonnants égaient le film, notamment le pistolet d’or de Scaramanga (constitué d’un étui à cigarettes, d’un briquet, d’un stylo et d’un bouton de manchette assemblés) ou encore sa voiture-avion conçue par le génie des effets spéciaux John Stears. Les recettes du film ayant été fort décevantes et le duo Saltzman Broccoli s’étant officiellement séparé, la série faillit bien s’arrêter après ce passable Homme au Pistolet d’Or.


© Gilles Penso

Thema: Espionnage et Science-Fiction

Tag(s) : #FILMS