Jeudi 16 octobre 2008
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/2008 21:40
(The Spy who Loved Me)
de Lewis Gilbert (Grande-Bretagne)
Avec Roger Moore, Barbara Bach, Curt Jurgens, Richard Kiel, Caroline Munro, Walter Gotell, Geoffrey Keen, Bernard Lee
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James Bond allait-il survivre à l’accueil mitigé de L’Homme au Pistolet d’Or et à la rupture médiatisée de ses deux
producteurs ? Rien n’était moins sûr, et Albert Broccoli, désormais seul à la tête de la franchise, décida de jouer le tout pour le tout : un budget colossal, la fabrication du studio le plus grand
du monde (le célèbre plateau 007 de Pinewood), des séquences d’action dépassant toutes celles vues jusqu’à présent, des super-vilains dignes d’une bande dessinée, de nouveaux véhicules bourrés de
gadgets, bref une surenchère à tous les niveaux.
Le résultat aurait pu être indigeste, mais force est de reconnaître que L’Espion qui m’aimait est un spectacle euphorisant, probablement l’un des films les plus réussis de la série tout
entière. Le scénario n’a rien à voir avec le roman du même titre, dans la mesure où le texte original s’éloignait des aventures classiques de l’agent 007 pour conter en huis clos les états d’âme
d’une jeune femme à la première personne. La séquence pré-générique ressemble en fait à une variante aquatique de celle d’On ne
vit que deux fois, car deux sous-marins nucléaires – un britannique et un soviétique – disparaissent sans laisser de trace, engloutis en réalité par un gigantesque tanker. Leur trajet
secret ne peut être détecté que grâce à un microfilm que James Bond est chargé de récupérer.
Après une surprise nous laissant croire un instant que l’agent qui s’associera à Bond est un homme - une espèce de sosie de George Lazenby - pour nous révéler qu’il s’agit en réalité de la toute
belle Barbara Bach, le film nous gratifie d’une cascade vertigineuse : le saut à ski de 007 au-dessus d’un immense précipice, qui s’achève par le déploiement d’un parachute aux couleurs de l’Union
Jack. Et le générique de retentir, l’inoubliable « Nobody Does It Better » chaleureusement entonné par Carly Simon. Incarné par l’acteur allemand Curt Jurgens, le grand méchant du film est Karl
Stromberg, un biologiste spécialiste de la faune marine qui possède ses propres laboratoires en Sardaigne. Réfugié dans sa colossale base sous-marine Atlantis, Stromberg compte utiliser les
missiles nucléaires des sous-marins qu’il a volés pour détruire New York et Moscou, puis le reste du monde, pour créer son propre univers sous-marin. Voilà qui ne manque pas d’originalité.
Mais ce savant fou se fait voler la vedette par son homme de main, un colosse aux dents d’acier surnommé Requin, à qui Richard Kiel prête son impressionnante silhouette. L’Espion qui
m’aimait se paie aussi le luxe d’une nouvelle « bondmobile » au moins aussi remarquable que l’Aston Martin de Goldfinger : une Lotus Esprit blanche qui se mue en bathyscaphe et regorge d’armes en tout genre. Aux côtés d’un Roger Moore plus
détendu que jamais, Barbara Bach capte instantanément tous les regards sous l’uniforme de l’espionne délicieusement glaciale Anya Amasova, tandis que Caroline Munro fait une apparition brève mais
remarquée dans le rôle de Naomi, pilote à la solde de Stromberg. Le caractère volontairement excessif de ce dixième James Bond trouve son écho dans une bande originale outrancièrement disco signée
Marvin Hamlisch.
Par Gilles Penso
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Publié dans : FILMS
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