Samedi 18 octobre 2008
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18
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/2008
18:29
(Tomorrow Never Dies)
de Roger Spottiswoode (Grande-Bretagne)
avec Pierce Brosnan, Michelle Yeoh, Teri Hatcher, Jonathan Pryce, Ricky Jay, Gotz Otto, Judi Dench, Joe Don Baker, Samantha Bond
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La montre d'Elliot Carver est
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Avec Demain ne Meurt Jamais, la nouvelle équipe à la tête de la franchise James Bond conçoit l’un des meilleurs films de la série, et ce malgré une préparation chaotique, d’incessantes
réécritures, d’innombrables incidents émaillant chaque étape du tournage et un budget atteignant les 100 millions de dollars. Œuvre de Bruce Feirstein, le scénario lance l’agent 007 à la recherche
de l’épave du Devonshire, une frégate de la Royal Navy égarée dans les eaux territoriales chinoises. Son enquête le mène jusqu’à Henry Gupta, un ancien gauchiste activement recherché par le FBI qui
semble être à l’origine de la destruction du navire. Mais un cerveau se cache derrière tout ça : celui d’Elliot Carver, propriétaire du quotidien « Tomorrow » et patron du plus grand empire
médiatique de tous les temps. Pour éliminer définitivement toute concurrence, Carver a établi un plan d’attaque impensable : provoquer lui-même les catastrophes, les guerres et les attentats pour
pouvoir être le premier à les annoncer au public !
Après l’effondrement du bloc de l’Est et la fin de la guerre froide, les scénaristes de la série étaient bien obligés d’inventer de nouveaux types de super-vilains et de moderniser leurs
motivations. Avec Carver, devenir maître du monde équivaut à contrôler l’information sur la planète, et c’est une idée de génie, d’autant que c’est l’excellent Jonathan Pryce qui incarne avec
cynisme et intelligence ce mégalomane assumé (après le désistement d’Anthony Hopkins). A ses côtés, Gotz Otto campe un gros bras aryen qui fait écho au Necros de Tuer n’est pas Jouer, et Vincent Schiavelli incarne le savoureux docteur Kaufman, un assassin professionnel exagérément poli. Du
côté des Bond Girls, rien à redire : Michelle Yeoh, superstar du cinéma de Hong-Kong, incarne un agent chinois au moins aussi performant que Bond lui-même (une série de films entièrement consacrés
à son personnage fut d’ailleurs envisagée), et Teri Hatcher, transfuge de la série Loïs et Clark, joue Paris Carver, une ancienne petite amie de Bond au caractère bien trempé. Quant à Pierce
Brosnan, il a étoffé son jeu et son look, effaçant les derniers stigmates de sa période Remington Steele et marquant indélébilement le personnage de son empreinte.
Réalisateur d’Under Fire, Roger Spottiswoode s’avère plus à l’aise que son prédécesseur Martin Campbell dans le domaine des séquences d’action inédites, notamment lorsque Brosnan et Yeoh
dégringolent le long d’un building en s’accrochant à une immense affiche ou s’enfuient sur une moto prise en chasse par un hélicoptère particulièrement agressif. Pour une fois, le titre du film ne
se réfère pas à l’univers de Ian Fleming mais au méchant, dont le journal arbore fièrement la devise « Tomorrow Never Lies ». Prévu à l’origine pour composer la bande originale, John Barry déclina
l’offre lorsqu’il découvrit qu’il n’aurait pas son mot à dire sur la chanson du générique. David Arnold, inconditionnel admirateur de Barry, prit donc la relève en signant une musique
époustouflante, gorgée de références aux orchestrations, aux mélodies et aux gimmicks de son maître à penser, et judicieusement modernisée par l’intervention du groupe Propellerheads.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les James Bond
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