Samedi 18 octobre 2008
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18
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/2008
18:53
(The World is Not Enough)
de Michael Apted (Grande-Bretagne)
avec Pierce Brosnan, Sophie Marceau, Denise Richards, Robert Carlyle, Judi Dench, John Cleese, David Calder, Robbie Coltrane
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Le Monde ne Suffit Pas accroche son spectateur dès sa. séquence prégénérique, la plus longue de toute la saga James Bond (elle dure plus d’un quart d’heure). Plus à l’aise que jamais dans le
rôle de l’agent 007, Pierce Brosnan revient au QG du MI6 après une opération rondement menée à Genève (au cours de laquelle il nous délecte de quelques répliques cyniques à l’encontre des banques
suisses) et assiste impuissant à l’assassinat du magnat du pétrole Sir Robert King, dans l’enceinte même du bâtiment ultramoderne des services secrets britanniques. La tueuse, une beauté exotique
fumant le cigare, est aussitôt prise en chasse par Bond, au cours d’une hallucinante course-poursuite en hors-bord en pleine Tamise, version grandement améliorée de celle de Vivre et Laisser Mourir située dans les canaux de la Louisiane. 007 parvient à éliminer sa cible avant qu’elle ne s’enfuie en
montgolfière, mais il s’en tire avec un bras cassé et pas mal d’ecchymoses, tandis que retentit la prodigieuse chanson du générique entonnée par le groupe Garbage.
Quel dommage que la suite du film ne soit pas à la hauteur de ce remarquable prologue ! La faute n’en incombe guère à Michael Apted (pourtant plus habitué aux drames réalistes comme Gorilles
dans la Brume qu’aux films d’action) mais à un scénario bancal rédigé à six mains par Neal Purvis, Robert Wade et Bruce Feirstein. L’une des plus grosse erreur aura sans doute été de
sous-exploiter un vilain au potentiel pourtant énorme : Renard, un criminel international à l’origine de l’attentat contre King, qui ne ressent aucune douleur depuis qu’une balle a été logée dans
son cerveau, et à qui l’excellent Robert Carlyle prête ses traits anguleux. Ce dernier n’intervient hélas que dans une poignée de séquences peu palpitantes, le film se concentrant davantage sur
Elektra King, la fille du magnat assassiné qui s’avère être la véritable méchante de l’histoire. Mais Sophie Marceau, son interprète, n’a pas vraiment le charisme requis par un tel personnage,
malgré une confrontation finale avec Bond qui restera dans les annales.
Et que dire du docteur Christmas Jones, incarné par la plantureuse Denise Richards ? Pas du tout crédible en éminente spécialiste de la physique atomique, l’héroïne de Starship Troopers et
Sexcrimes se contente de cambrer les reins pour mettre en avant son agressive poitrine et fait littéralement figure de potiche, à tel point qu’on pourrait effacer son personnage du scénario
sans la moindre incidence sur l’intrigue. Restent quelques moments d’humour réussis, comme les interventions de John Cleese dans le rôle de l’assistant de Q, et deux ou trois séquences d’action
énergiques, mêmes si celles-ci n’atteignent jamais le degré d’inventivité du prégénérique, se contentant souvent d’emprunter des voies déjà balisées par les films précédents de la série.
Contrairement à Demain ne Meurt Jamais, le titre Le Monde ne Suffit Pas fait directement référence à un roman
d’Ian Fleming, en l’occurrence « Au Service Secret de Sa Majesté » dans lequel nous apprenons que cette phrase (dans sa version latine « Orbis Non Sufficit ») est la devise de la famille Bond
depuis de nombreuses générations.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les James Bond
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