de Jay Lee (Etats-Unis)
avec Robert Englund, Jenna Jameson, Roxy Saint, Joey Medina, Shamron Moore, Penny Drake, Jennifer Holland, John Hawkes


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L’avantage, avec un film comme Zombie Strippers, c’est qu’il annonce la couleur dès son titre. Il s’agit donc, comme on peut s’en douter, d’une histoire de strip-teaseuses mortes-vivantes. Le scénario ne cherche pas vraiment à transcender l’absurdité du concept de base, mais il présente le mérite d’en exploiter toutes les possibilités. Tout commence comme un énième succédané du Retour des Morts-Vivants. Nous apprenons en effet que le gouvernement a créé une substance qui ramène à la vie les tissus morts, afin de créer des soldats invincibles prompts à bouter l’ennemi sur n’importe quel champ de bataille. Car nous sommes dans une Amérique légèrement futuriste, où George Bush vient d’être élu pour la quatrième fois, où Arnold Schwarzenegger fait office de vice-président, et où les Etats-Unis son en conflit avec moult pays, notamment l’Irak, la Syrie, le Liban, le Venezuela, la France et l’Alaska.

Evidemment, l’expérience qui consiste à ranimer les soldats trépassés tourne à la catastrophe et des hordes de zombies affamés hantent bientôt les couloirs d’un laboratoire top secret. Le commando improbable dépêché sur place éradique tant bien que mal la menace, mais l’un des soldats, fraîchement mordu, s’échappe in extremis. Trouvant refuge dans un club de strip-tease, il égorge à coups de dents une des danseuses dévêtues et la laisse pour morte. Mais la rigidité cadavérique de la belle ne dure pas bien longtemps. Vite remise sur pied, elle relit son livre de chevet (l’œuvre de Nietzsche) en s’exclamant « ça a tellement plus de sens maintenant ! », puis retourne danser en effectuant des figures acrobatiques impossibles à réaliser de son vivant. « Notre meilleure danseuse est un cadavre réanimé ! » s’affole alors le patron du club, incarné par un Robert Englud hilarant dont le personnage maniaque, pleutre et pusillanime figure parmi les meilleurs rôles de sa carrière. Tandis que la contamination gagne peu à peu toutes les strip-teaseuses, il s’efforce de camoufler les cadavres atrocement mutilés que les danseuses sèment sur leur passage.

Au-delà de la prestation irrésistible d’Englund, Zombie Strippers vaut le détour pour l’exceptionnelle qualité de ses effets spéciaux de maquillage, émaillant le film de morts-vivants dignes de la saga Re-Animator (celui qui se promène avec la mâchoire à moitié arrachée est mémorable) et de séquences gore franchement décomplexées (écorchages à mains nues, langues dévorées, crânes décalottés, éviscérations dégoulinantes et explosions de têtes en séries). Si la satire politique promise par le prologue n’est pas vraiment mise en avant, quelques touches d’humour vitriolé pointent tout de même le bout de leur nez (notamment lorsqu’Englund exhibe fièrement sa carte de la NRA avant de dévoiler l’arsenal impressionnant qu’il cache dans un placard). Au-delà de l’influence de George Romero, Dan O’Bannon ou Stuart Gordon, le réalisateur Jay Lee avoue avoir puisé son inspiration dans le « Rhinocéros » d’Eugène Ionesco, si ce n’est qu’ici les protagonistes ne se muent pas en mammifères cornus mais en morts-vivants. D’où le nom du club de strip-tease (le Rhino) et de son patron (Ian Essko). Etonnant, non ?

© Gilles Penso

Thema: Zombies
Tag(s) : #FILMS