de Marc Forster (Grande-Bretagne)
Avec Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric, Judi Dench, Giancarlo Giannini, Gemma Arterton, Jeffrey Wright


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L’intrigue de Quantum of Solace démarre une heure à peine après celle de Casino Royale. En ce sens, ce 22ème James Bond officiel fait déjà figure d’exception, puisque c’est la première fois, depuis la naissance de la franchise, que deux épisodes se suivent d’aussi près, les longs-métrages consacrés à l’agent 007 se distinguant d’habitude par leur autonomie. C’est sur une poursuite en voiture enragée et violente que commence le film, Bond n’ayant qu’une idée en tête : venger la mort de Vesper Lynd, la seule femme dont il soit jamais tombé amoureux. Sa vendetta personnelle n’est pas vraiment du goût du MI-6, qui refuse de le couvrir et l’affuble même du statut de fugitif (c’était déjà le cas dans Permis de Tuer et Meurs un autre Jour). Au fil de son enquête musclée, jonchée de cadavres, Bond découvre une organisation occulte, Quantum, dirigée par un redoutable businessman aux allures pourtant affables, Dominic Greene (Mathieu Amalric).

Poursuivant elle-même une vengeance qui la tenaille depuis sa prime enfance, la belle Camille (Olga Kurylenko) suit Greene à la trace. Pour atteindre leurs objectifs, Bond et Camille vont devoir partager leur douleur et se faire mutuellement confiance… D’où ce titre énigmatique, « Quantum of Solace », qui se réfère à l’organisation de Greene mais qu’on pourrait également traduire par « Quantité de réconfort ». Si Daniel Craig crève toujours l’écran sous le smoking d’un James Bond brut de décoffrage, dangereux et féroce, et si Judi Dench continue de nous régaler de son cynisme désabusé dans le rôle de son supérieur M, l’effet de surprise de Casino Royale n’est évidemment pas aussi fort, et l’on ressent ici la volonté de retrouver tous les codes du genre, quitte à ce que la « formule » soit un peu voyante. Nous avons ainsi droit à une poursuite en Aston Martin, à deux James Bond Girl (dont l’une connaît un destin proche de celui de Jill Masterson dans Goldfinger), à des voyages aux quatre coins du monde (Angleterre, Panama, Mexique, Autriche, Italie, Chili) et à l’explosion finale du repaire des méchants.

Pour ne rien perdre de la modernité du Bond précédent, le metteur en scène Marc Forster (très éclectique, puisqu’on lui doit des œuvres aussi diverses que Neverland, A l’Ombre de la Haine, Stay ou L’Incroyable Destin d’Harold Creek) s’est adjoint les services du réalisateur de deuxième équipe Dan Bradley, qui officia notamment sur La Mort dans la Peau et La Vengeance dans la Peau. On ne s’étonnera pas, dès lors, de constater que la plupart des scènes d’action (cavalcades sur les toits, combats au couteau dans les chambres d’hôtel) aient un petit air de famille avec celles de la saga consacrée à Jason Bourne. On pourra d’ailleurs reprocher aux séquences en question une certaine illisibilité, l’abondance de très gros plans, les secousses de la caméra et la nervosité du montage empêchant souvent d’apprécier les péripéties à leur juste valeur. Quantum of Solace n’est donc pas exempt de défauts et se cherche un peu, tant d’un point de vue narratif que stylistique. Mais le film demeure palpitant d’un bout à l’autre, offre de singulières poussées d’adrénaline et participe pleinement à ce délicieux rituel qu’est la découverte régulière d’un nouveau James Bond sur grand écran.



© Gilles Penso

Thema: Espionnage et Science-Fiction

Tag(s) : #FILMS