(Halloween 4 : the Return of Michael Myers)
de Dwight H. Little (Etats-Unis)
avec Donald Pleasence, Ellie Cornell, Danielle Harris, George P. Wilbur, Beau Starr, Michael Pataki, Kathleen Kinmont


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Lancer sur les écrans un Halloween 3 dénué de la moindre allusion à Michael Myers constituait un pari osé, mais n’était-ce pas tuer la poule aux œufs d’or ? Face à l’accueil mitigé de ce troisième opus volontairement hors sujet, Halloween 4 marque le retour du croquemitaine au visage blanc, ce que souligne sans équivoque le sous-titre « le retour de Michael Myers ». Ce quatrième opus marque également le dixième anniversaire de la création du personnage. A cette occasion, John Carpenter fut invité à imaginer une histoire originale, laquelle concernait des événements surnaturels touchant les habitants de la ville d’Haddonfield suite aux funestes événements survenus dans les deux premiers Halloween. Plus proche de Fog que de La Nuit des Masques, cette approche fut jugée trop peu conformiste par des producteurs peu imaginatifs soucieux de revenir à la formule du slasher classique.

Exit donc Carpenter, place au scénariste Alan B. McElroy (futur auteur de Spawn et Détour Mortel) et au réalisateur Dwight H. Little. McElroy s’acquitta de sa tâche en une dizaine de jours et livra un script laissant finalement peu de place à la surprise. L’intrigue se situe logiquement en 1988. Michael Myers, qui a tenté dix ans plus tôt de tuer sa sœur Laurie, émerge de l’état cataleptique dans lequel il se trouvait depuis lors. Il réussit à s’enfuir à l’occasion d’un transfert et rejoint Haddonfield, sa ville natale. C’est le début d’une nouvelle succession de meurtres… Dwight Little maîtrise certes les scènes d’action, comme le confirme cette impressionnante poursuite sur le toit, ainsi que les moments de suspense pur (savoir-faire qu’il réutilisera sur des séries comme 24 Heures Chrono ou Prison Break). Mais le film ne sort pas vraiment de la routine du genre. A grand renfort de plans fort convenus (caméras subjectives, travellings au grand-angle, avant-plans inquiétants), on nous ressert donc l’habituel lot de meurtres, de protagonistes superficiels et de dialogues sentencieux.

Dans ce domaine, le docteur Loomis (Donald Pleasence) continue sur la voie ouverte dix ans plus tôt (« Vous parlez de lui comme si c’était un homme, or cette partie de lui est morte il y a bien longtemps », énonce-t-il gravement), tandis que le personnage de Jack Sayer (Carmen Filipi) en rajoute avec emphase : « Apocalypse, Fin du Monde, Armageddon, ça a toujours un visage et un nom .Vous ne pouvez pas tuer la damnation, elle ne meurt pas comme un homme ! ». Le seul personnage qui présente un peu d’intérêt est Jamie, la nièce de Myers, incarnée par une petite Danielle Harris très expressive. Par son intermédiaire, le dénouement, qui constitue la partie la plus réussie du film, nous renvoie au prologue de La Nuit des Masques et clôt la série sur une note très peu rassurante. Trop peu sanglant aux yeux du producteur Moustapha Akad, le premier montage fut modifié à la dernière minute, incluant des séquences gore tournées spécialement par le maquilleur John Carl Buechler, coutumier du genre (Re-Animator, From Beyond).

© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Tag(s) : #FILMS