(Halloween : The Curse of Michael Myers)
de Joe Chappelle (Etats-Unis)
avec Donald Pleasence, Paul Rudd, Marianne Hagan, Mitch Ryan, Kim Darby, Bradford English, Keith Bogart


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Qu’espérer d’une énième séquelle d’Halloween après les inepties de l’épisode 5 ? Pas grand-chose en vérité. Et c’est exactement ce que nous propose ce sixième opus, raclant les fonds de tiroir, peinant terriblement pour raccorder son intrigue à celle des films précédents et se trouver une légitimité au sein de la saga, quitte à accumuler en chemin des incohérences colossales. Signé Daniel Farrands, le scénario fut d’ailleurs réécrit plus de dix fois avant les premiers tours de manivelle, et ça se sent. Au cours du prologue, la jeune Jamie Strode (J.C. Brandy) accouche dans un lieu étrange, sombre et empli de bougies fort décoratives. Là sévissent le tueur Michael Myers et un étrange personnage coiffé d’un chapeau (est-ce le même que celui qui hantait bizarrement l’épisode précédent, affublé de bottes ferrées ? Nous n’en saurons jamais rien).

Parvenant à s’enfuir avec son bébé, Jamie tente de prévenir la radio locale d’Haddonfield que le tueur au masque blanc sévit toujours. Mais personne ne la croit. Nous sommes en effet la veille d’Halloween, et les blagues de cet acabit son légion. Fatalement, ce bon gros Michael finit par la retrouver et la trucide sans autre forme de procès. Fort heureusement, le bébé lui échappe. C’est le jeune Tommy (Paul Rudd), que gardait Laurie Strode lorsqu’elle était baby sitter, qui le déniche et le cache. Nous apprenons bientôt que Michael Myers ne tue pas par hasard, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, mais respecte une prophétie druidique qui consiste à assassiner tous les membres d’une famille pour sauver le reste du monde, menacé par une malédiction ancestrale. Pour éviter le cataclysme promis, l’enfant doit être sacrifié à son tour.

Nous naviguons donc dans du grand n’importe quoi, et les choses ne font hélas qu’empirer au fil du métrage. Myers n’est ici qu’un gorille au service d’une espèce de secte absurde vouée au mal, ses membres se drapant de noir et trouvant refuge dans un hôpital psychiatrique, au grand dam du docteur Loomis (Donald Pleasence toujours). Bien en peine de créer des scènes d’épouvante digne de ce nom, le réalisateur Joe Chappelle abuse des déflagrations sonores qu’il nous assène chaque fois qu’une main se pose sur l’épaule d’un personnage, dans l’espoir de faire sursauter les spectateurs. Peine perdue, la plupart se sont déjà endormis.

La bande son en fait donc souvent des caisses, et malgré une intéressante variante hard-rock sur le thème musical composé par Carpenter (uniquement proposée au cours de la scène d’intro), aucune inventivité n’est à signaler. Il en est de même du côté des meurtres en série, certes violents mais fort peu imaginatifs. Quant à la poursuite finale dans les couloirs de l’hôpital, elle ne véhicule aucun suspense et s’achève sur un épilogue grotesque. Ce fut le dernier film de Donald Plesance, qui s’éteignit avant la fin du tournage. Halloween 6 lui est dédié, mais cet immense acteur eut mérité un plus glorieux chant du cygne. Joe Chappelle, pour sa part, allait plus tard redorer son blason en produisant notamment quelques séries à succès comme Sur Ecoute ou Les Experts Miami.

© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Tag(s) : #FILMS