(Halloween H20)
de Steve Miner (Etats-Unis)
avec Jamie Lee Curtis, Josh Hartnett, LL Cool J, Adam Arkin, Michelle Williams, Janet Leigh


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Scream
ayant sapé les bases du slasher traditionnel en en démontant tous les mécanismes, la saga Halloween ne pouvait plus se contenter de suivre sa petite routine. Pour ce septième épisode, les producteurs décidèrent donc de laisser tomber les réalisateurs anonymes au profit d’un vrai spécialiste du genre. C’est donc Steve Miner (Le Tueur du Vendredi, House, Warlock) qui hérita du bébé. Deuxième apport de taille : le retour de Jamie Lee Curtis, absente de la « saga » depuis le deuxième épisode. Le troisième parti pris décisif est corollaire du second : ignorer purement et simplement les quatre films précédents – comme s’ils n’avaient jamais existé – pour se concentrer sur le personnage de Laurie Strode (Curtis, donc).

Comme son titre l’indique, Halloween 20 ans après se situe deux décennies après le massacre perpétré par Michael Myers dans la petite ville d’Haddonfield. Toujours hantée par le psychopathe au masque blanc, sa sœur Laurie, qui vit dans l’anonymat sous le nom de Keri Tate, redoute tout particulièrement la soirée d’Halloween, que son fils John et son groupe de copains ont décidé de fêter dans un collège désaffecté. Evidemment, ce grand malade de Michael revient sur les lieux de son crime et se remet à planter opiniâtrement son grand couteau dans la chair humaine. Suivant la voie de Kevin Bacon et Johnny Depp, qui firent tous deux leurs débuts dans un slasher (le premier dans Vendredi 13, le second dans Les Griffes de la Nuit), Josh Hartnett tient ici son premier rôle sous la défroque de John Tate. Aux côtés du futur héros de Pearl Harbor, on trouve d’autres visages familiers comme L.L. Cool J ou Janet Leigh, inoubliable vedette de Psychose qui est aussi, rappelons-le, la mère de Jamie Lee Curtis.

Empli de références et pavé de bonnes intentions, Halloween 20 ans plus tard a pourtant du mal à contourner les lieux communs et susciter un réel intérêt. Malgré un budget plus confortable qu’à l’accoutumée (17 millions de dollars, plus du triple de celui d’Halloween 6) et une volonté visible de revenir aux sources de la saga, cette séquelle anniversaire se perd dans les méandres du cliché et n’apporte aucun sang neuf au mythe créé par John Carpenter. A ce constat s’adjoint une déception d’ordre artistique liée à la bande originale. John Ottman, le compositeur attitré de Bryan Singer, écrivit en effet pour ce septième Halloween une partition flamboyante et énergique, reprenant notamment sur un mode symphonique le fameux thème de John Carpenter.

Hélas, les producteurs décidèrent de la remplacer en grande partie par d’anciens morceaux composés par Marco Beltrami pour d’autres films (Scream, Scream 2 et Mimic). Une décision absurde et franchement douteuse, qui découle directement des dérives du « temp tracking » et qui dénote une volonté maladroite de surfer sur le succès du slasher de Wes Craven. Certes, Halloween 20 ans après demeure probablement l’une des séquelles les moins brouillonnes de  La Nuit des Masques, mais son intérêt demeure très limité et rien de bien mémorable ne s’y déroule, à part peut-être son dénouement choc plutôt osé… mais hélas gâché par la séquelle suivante.

© Gilles Penso

Thema: Tueurs
Tag(s) : #FILMS