de Darren Lynn Bousman (Etats-Unis)
avec Tobin Bell, Shawnee Smith, Donnie Wahlberg, Erik Knudsen, Franky G, Glenn Plummer, Emmanuelle Vaugier, Dina Meyer


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Le succès instantané de Saw incita les décideurs de Lion Gates et Twisted Pictures à enchaîner rapidement avec une séquelle, dans l’espoir de mettre sur pied une franchise aussi juteuse que Scream ou Halloween. Mais James Wan et Leigh Whannell, les principaux intéressés, se sont retirés du devant de la scène, même si Whannell co-signe le scénario avec Darren Lynn Bousman. Du coup, ce second opus fait bien pâle figure face à son modèle, cultivant le déjà-vu tout en se laissant plus que jamais influencer par les mécaniques de Cube et Seven. Lorsque le film commence, un indicateur de la police se réveille avec la tête coincée dans une espèce de piège à loup, variante recto-verso du « masque du démon » de Mario Bava.

Sur un écran de télévision, le tueur au puzzle (Jigsaw en V.O.) lui donne le choix : utiliser un scalpel pour récupérer la clef enfouie chirurgicalement derrière son œil, ou avoir la tête broyée par le mécanisme diabolique. Peu après, le cadavre du malheureux est retrouvé par l’inspecteur de police Eric Matthews. Ce dernier décrypte un message du tueur psychopathe qui lui est directement adressé et ne tarde pas à mettre la main sur lui. Mais au lieu d’un colosse masqué armé d’une machette ou d’une tronçonneuse, archétype du psycho-killer moyen, Matthews découvre un vieil homme moribond, suicidaire et cynique, tué à petit feu par le cancer. Son arrestation est aisée, mais il faut d’abord déjouer son ultime piège. En effet, sept personnes ont été kidnappées par ses soins et enfermées dans une vieille maison truffée de pièges, en un lieu inconnu.

A l’issue d’un compte à rebours de deux heures, ils mourront asphyxiés par un gaz mortel. Parmi eux se trouve l’une des anciennes victimes de Jigsaw (la fameuse prisonnière du casque broyeur) ainsi que Daniel, le propre fils de l’inspecteur Matthews. Aucun d’entre eux ne se connaît, mais chacun a un point commun, seul moyen apparent de trouver une issue et d’échapper à la mort. Dès lors, le film nous narre à la fois les confrontations tendues entre le policier et le tueur, et le parcours du combattant des prisonniers, en quête d’antidote contre le gaz, mourrant un à un dans des conditions souvent atroces et spectaculaires (un pistolet caché derrière une porte qui explose la cervelle d’un curieux, un homme progressivement brûlé dans un four, des lames entaillant les poignets d’une femme jusqu’à l’hémorragie).

La structure éclatée du premier Saw se substitue ainsi à un plus classique montage parallèle, même si les dernières séquences bouleversent quelque peu cette sage juxtaposition. Il faut reconnaître que Saw 2 bénéficie d’un casting impeccable et sait collecter les séquences de suspense efficace, le point d’orgue en la matière étant l’ultime poursuite dans les couloirs de la maison-prison. Mais la surprise n’est plus vraiment au rendez-vous, et la franchise tant espérée par les producteurs s’essouffle déjà considérablement, comme le prouve une révélation finale conçue pour désarçonner le spectateur, à l’instar de celle du film précédent, mais qui n’échappe ni au grotesque, ni à l’incohérence la plus totale. Ce qui n’empêcha pas l’équipe du film d’enchaîner aussitôt sur la mise en chantier d’un Saw 3, histoire de battre le fer pendant qu’il était encore chaud.

© Gilles Penso

Thema: Tueurs

Tag(s) : #FILMS