(Runaway)
de Michael Crichton (Etats-Unis)
avec Tom Selleck, Cynthia Rhodes, Gene Simmons, Kirstie Alley, Stan Shaw, G.W. Bailey, Joey Cramer, Chris Mulkey


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Pour son cinquième long-métrage en tant que réalisateur, Michael Crichton décide de reprendre la thématique clef de Mondwest, autrement dit la révolte des robots contre les humains. Mais ici, la donne a changé : l’avarie des machines est d’origine criminelle, et un homme se cache derrière l’enfer mécanique. L’intrigue de Runaway se déroule dans un futur appréhendé de manière très réaliste. Les véhicules et les buildings n’ont rien de foncièrement fantaisistes, et les robots qui se sont installés partout comme auxiliaires, assistants ou domestiques des citoyens n’ont rien d’anthropomorphique. Ce sont des appareils purement fonctionnels, de formes souvent cubiques, montés sur roulettes, munis d’appendices divers, mais dotés en revanche d’une indéniable intelligence.

Le sergent Jack Ramsay (Tom Selleck, superstar de la série Magnum que Crichton fit déjà jouer dans Morts Suspectes) est un policier spécialisé dans les « déviants », autrement dit les robots qui se dérèglent et troublent l’ordre public. Flanqué d’une nouvelle partenaire (Cynthia Rhodes), il constate des accidents de plus en plus fréquents, qui entraînent parfois des pertes humaines. Son enquête lui permet de découvrir que les robots coupables de ces exactions ont été munis d’une puce spéciale provoquant leur agressivité. Le responsable est un certain Charles Luther (Gene Simmons), redoutable criminel qui compte monnayer ces puces auprès de la mafia ou des terroristes. Dès que Ramsay se met en travers de son chemin, l’homme n’hésite pas à déployer un arsenal high-tech particulièrement destructeur…

Beaucoup plus axé sur l’action que les films précédents de Michael Crichton, Runaway est très généreux en morceaux d’anthologie spectaculaires et inédits, mettant à contribution des gadgets extrêmement cinégéniques : un pistolet dont les balles à tête chercheuse foncent à travers les rues jusqu’à atteindre leur cible, des « mines trotteuses » qui glissent sur l’autoroute pour faire exploser les voitures, et surtout une nuée d’araignées robots munies de crocs au vitriol, lesquelles nous gratifient d’un climax pour le moins mouvementé (Steven Spielberg s’en inspirera lui-même pour l’une des scènes clefs de Minority Report). Pour coller au cadre futuriste du film, Jerry Goldsmith se fend pour la première fois d’une partition intégralement synthétique. L’initiative est audacieuse, mais il faut avouer que le résultat n’est guère concluant, le génial compositeur d’Alien et La Planète des Singes n’étant jamais mieux servi que par une formation classique.

Le film lui-même ne fait pas toujours dans la dentelle, taillant un peu à la serpe la caractérisation de ses personnages au profit d’une profusion de cascades et d’effets pyrotechniques. Mais Runaway s’avère diablement distrayant et ne connaît aucune perte de rythme. Saluons également son casting judicieux. Tom Selleck excelle dans un rôle d’inspiration hitchcockienne (c’est un policier en proie au vertige comme James Stewart dans Sueurs Froides) et Gene Simmons sait inquiéter d’un seul regard (Crichton le sélectionna d’ailleurs sur ce seul critère !).

© Gilles Penso

Thema: Robots, Futur

Tag(s) : #FILMS