Mercredi 19 novembre 2008
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21:12
(Lara Croft – Tomb Raider : the Cradle of Life)
de Jan de Bont (Etats-Unis)
avec Angelina Jolie, Gerard Butler, Ciaran Hinds, Chris Barrie, Noah Taylor, Djimon Hounsou, Til Schweiger, Simon Yam
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Le DVD est disponible
ici
Drôle d’idée d’avoir confié ce second Tomb Raider à Jan de Bont. Car si le premier long-métrage de l’ex-chef opérateur hollandais, Speed, était une explosive réussite, et si
Twister entretenait encore l’illusion grâce à une poignée de séquences d’action inventives, les piteux Speed 2 et Hantise marquaient clairement les limites de ses capacités
artistiques. Avec ce Berceau de la Vie, hélas, le cinéaste s’enterre un peu plus dans la médiocrité. Pourtant, le premier opus réalisé par Simon Wincer n’avait pas placé la barre très haut.
Au fil d’une intrigue rudimentaire promenant ses protagonistes en Grèce, en Chine et en Afrique, Lara Croft découvre dans un temple antique englouti par les flots l’orbe d’Alexandre le Grand. Mais
le sinistre docteur Reiss, spécialiste des armes bio-chimiques, envoie ses sbires pour lui dérober cette sphère qui renferme les coordonnées du Berceau de la Vie et de son redoutable secret : la
fameuse Boîte de Pandore de la mythologie, qui contient des germes capables d’anéantir l’humanité tout entière. Pour contrer les plans de ce savant fou dénué de scrupules, Lara est contrainte de
faire équipe avec Sheridan, son ancien amant, un ex-agent du MI-6 qui croupit en prison…
Ni pire ni meilleure que le précédent Tomb Raider, cette séquelle continue tranquillement de massacrer la franchise
initiée par la marque Eidos. Le ratage en bonne et due forme se poursuit donc, malgré les indéniables qualités du casting. Angelina Jolie demeure en effet l’incarnation idéale du sex-symbol
numérique imaginé par Toby Gard, Gerard Butler interprète un partenaire masculin tout à fait à la hauteur grâce à son fort charisme, et Ciaran Hinds, futur César de la prodigieuse série
Rome, est un super-vilain très honorable. Mais le potentiel de ces comédiens en béton armé – auxquels s’ajoute un Djimon Housou terriblement sous-exploité – est ruiné par les piètres
qualités du scénario et de la mise en scène. Régulièrement, pour relancer l’intérêt, le film se pare de séquences d’action tour à tour grotesques (l’échappée de Lara sur le dos d’un requin),
inutiles (la poursuite à moto entre notre héroïne et Sheridan) ou sans la moindre originalité (les multiples fusillades qui ponctuent le métrage).
Etant donné que ce Tomb Raider, comme le précédent, marche sans vergogne sur les traces de la saga Indiana Jones,
Jan de Bont s’est offert les services de Michael Kahn (le monteur attitré de Steven Spielberg) et d’Alan Silvestri (compositeur fétiche de Robert Zemeckis), sans que son métrage n’y gagne quoi que
ce soit en panache. Au cours du climax, les protagonistes sont attaqués au beau milieu d’une forêt souterraine inquiétante par les « Gardiens de la Nuit », autrement dit des espèces de Trolls
géants en 3D dont le visage est constitué d’une immense gueule carnassière et dont les membres évoquent les branches des arbres desquels ils surgissent, apparaissant et disparaissant façon Predator. La séquence est réussie, et techniquement impressionnante, mais elle tombe comme un cheveu gras dans la soupe
réchauffée de cette aventure fantastico-exotique sans éclat.
Par Gilles Penso
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