(The Matrix Reloaded)
de Andy et Larry Wachowski (Etats-Unis)
avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Monica Bellucci, Lambert Wilson, Hugo Weaving


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Allez, on recharge la Matrice et c’est reparti pour un tour! Six mois après les événements survenus dans le premier Matrix, Neo (Keanu Reeves), en pleine possession de ses super-pouvoirs, est parvenu à arracher un certain nombre de ses semblables aux griffes des machines. Les « évadés » se sont réfugiés sur Zion, dernier bastion de la résistance humaine. Mais le répit est de courte durée, car une armada de sentinelles robotisées s’apprête à mener un terrible assaut. Pour couronner le tout, le redoutable agent Smith (Hugo Weaving) s’avère désormais capable de se cloner en un nombre infini d’avatars. Selon l’Oracle, le seul espoir réside dans le « fabricant de clefs », un personnage enigmatique que Neo, Morpheus et Trinity vont s’efforcer de retrouver. Au bout de leur quête se poseront deux questions essentielles : qu’est ce que la Matrice, et qui en est le créateur ?

 

Le problème principal de cette séquelle est qu’Andy et Larry Wachowski ont déjà tout dit dans le premier film. Par conséquent, le scénario de Matrix Reloaded se met rapidement à tourner à vide, et de larges séquences inutiles viennent faire office de remplissage. Comment interpréter autrement cette espèce de rave party qui n’en finit plus, ou cette interminable discussion sur un banc avec l’Oracle ? Le premier Matrix s’efforçait au moins d’assurer un certain équilibre entre l’action et l’exposition. Ici, pas de commune mesure : dialogues explicatifs et batailles mouvementées ne s’interpénètrent pas mais s’additionnent plutôt sous forme de grands blocs souvent fastidieux. Matrix Reloaded mérite tout de même un visionnage sur grand écran pour deux scènes de combat propres à entrer dans les annales par leur démesure et leur caractère inédit.

 

Dans la première, tournée en vingt sept journées harassantes, Neo affronte mille exemplaires de l’agent Smith  en même temps, en une lutte vertigineuse et hallucinante qui laisse le souffle coupé. Dans la seconde, protagonistes et antagonistes se bastonnent allègrement au beau milieu d’une autoroute, sautant de véhicule en véhicule, au fil d’une course-poursuite démentielle qui dure vingt bonnes minutes ininterrompues (et qui nécessita trois mois de tournage). Pour les besoins de cette échauffourée autoroutière, General Motors céda à la productions trois cents véhicules promis à d’explosives destructions.

 

Cela dit, étant donné le budget impressionnant du film (cent cinquante millions de dollars dont cent alloués aux seuls effets spéciaux !) et le nombre hallucinant de techniciens sollicités (près de deux mille noms apparaissent au générique !), la qualité des séquences d’action va un peu de soi. Pour le reste, l’attention se relâche régulièrement, et ce ne sont ni Monica Bellucci et Lambert Wilson, guest stars au rôle autant grotesque qu’inutile, ni la très longue explication finale avec l’Architecte (Helmut Bakaitis), confuse et assommante, qui parviennent à relancer l’intérêt. La fin prend la forme d’un cliffhanger s’ouvrant directement sur Matrix Revolutions, troisième et ultime volet d’une fort inégale saga qui fut tourné simultanément à celui-ci et aux séquences live du jeu vidéo « Enter the Matrix ».

© Gilles Penso

Thema: Mondes virtuels et parallèles,
Robots
Tag(s) : #FILMS